Argumentaire CLIMAT

La crise est systémique. Elle est financière, sociale et écologique. Elle touche à la fois l’air, l’eau et la terre. L’utilisation du feu (la civilisation thermo-industrielle) a depuis deux siècle déséquilibrés l’ensemble des fondamentaux. Devant cette crise systémique, il ne peut y avoir qu’une action systémique. La lutte contre le réchauffement climatique est liée à tous les autres changements nécessaires dans le mode de vie à l’occidentale..../...
 Le consensus se fait sur les conséquences dramatiques des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique. Mais il existe encore aujourd’hui un blocage socio-politique qui empêche de résoudre le problème. C’est pourquoi il faut être incisif dans nos propos et déterminé dans nos actions.
      La synthèse est illustré par des  documents mis en annexe qui conservent la même nomenclature que la synthèse. A chacun de compléter avec ses propres sources.

1) les causes du réchauffement climatique

11) le constat écologique des scientifiques : le lien entre température et gaz à effet de serre
- Le glaciologue Claude Lorius devenait en novembre 2008 le premier récipiendaire français du Blue Planet Prize, qui distingue chaque année une personnalité ayant œuvré pour la préservation de l’environnement. En 1965, il dirige l’hivernage à la base côtière de terre Adélie, où il faut réaliser un carottage d’une centaine de mètres. Il commence alors à s’intéresser aux bulles d’aire contenues dans la glace : « C’est en regardant un glaçon fondre dans un verre de whisky que j’ai eu l’intuition que les bulles conservaient des indianistes sur l’altitude de la formation de la glace. Et qu’elles représentaient des témoins fiables et uniques de la composition de l’air du passé. » En 1987, cette intuition se matérialise dans un article fondateur publié par le revue Nature. En étudiant les petites bulles emprisonnées dans les carottes de glace, il parvient, avec Dominique Raynaud et Jean Jouzel, à reconstituer l’histoire récente du climat de la Terre. Ce que les trois hommes mettent en évidence est rien de moins que la première preuve expérimentale du lien étroit entre CO2 atmosphérique  et température. (bilan planète 2009 du Monde p.93)
- En 2009, deux articles publiés dans Nature et Science anticipent un léger refroidissement dans les dix années qui s’ouvrent. Cela ne signifie en rien que le réchauffement se serait arrêté, mais qu’il serait momentanément masqué par des fluctuations naturelles du système climatique. A l’inverse, d’autres travaux, publiés en août dans GRL indiquent une poursuite de la hausse. (bilan planète 2009 du Monde p.20)
- C'est le pire scénario jamais imaginé. Le réchauffement climatique pourrait atteindre sept degrés en 2100 selon une synthèse des travaux scientifiques sur le changement climatique parus depuis le 4e rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC, 2007). « La température moyenne de l'air devrait se réchauffer entre 2 et 7 degrés en 2100 par rapport à la période préindustrielle ». A ceux qui douteraient encore de l'origine humaine du réchauffement, le document de Potsdam rappelle que durant le dernier quart de siècle, les températures moyennes ont augmenté de 0,19 degré par décennie, ce qui correspond parfaitement aux prévisions calculées sur la base des émissions de gaz à effet de serre. Une société mondiale "décarbonée" – avec zéro émission de CO2 et d'autres gaz à effet de serre durables – doit être atteinte bien avant la fin du siècle", espèrent les climatologues. Le Monde (24/11/09)

12) l’origine anthropique des GES ; le problème des négateurs du climat
- En janvier 2007, le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publiait un état de ses connaissances sur le changement climatique – le précédent datait de 2001. Ce rapport confirme, avec « un très haut degré de confiance », l’idée que l’activité humaine a provoqué, depuis 1750, le réchauffement de la planète. Les scientifiques tirent des conclusion pessimistes sur les conséquences d’un réchauffement qui dépasserait 2°C, constatant que « le réchauffement du système climatique est sans équivoque ». Fin 2007, Al Gore et le GIEC sont récompensés par le prix Nobel de la paix. (bilan planète 2009 du Monde p.20)
- James Hansen, climatologue en chef de la NASA, a  déclaré en juin 2008 devant une commission du Congrès des Etats-Unis que certains patrons des industries pétrolières et charbonnières devaient être poursuivis pour « crime contre l’humanité et la nature ». Non pour leur activité industrielle, mais pour leur contribution financière aux idées selon lesquelles le changement climatique en cours n’est pas le fait des activités humaines. (bilan planète 2009 du Monde p.89)
- En 2009 comme chaque année, l’institut Heartland, une fondation privée américaine au financement opaque, a organisé à New York sa « conférence climatique » se réclamant du « climatoscepticisme ». La presse a noté un émiettement du discours porté par ces contestataires du changement climatique. Certaines allocutions mettaient en cause la réalité du réchauffement. D’autres ne la niaient pas, mais contestaient qu’il fût suscité par les activités humaines. D’autres encore ne niaient ni la réalité du réchauffement, ni sa cause principale, mais préféraient mettre en avant les effet bénéfiques d’une augmentation des températures. (bilan planète 2009 du Monde p.20)
- Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009) : « Au-delà d’un  certain seuil de transformation, de prédation et de destruction, les écosystèmes changent de régime d’une façon irréversible. L’effet de seuil s’est par exemple placé au cœur de l’analyse du changement climatique. Le débat scientifique ne se déroule pas entre « sceptiques » et « partisans » du réchauffement climatique, comme le laisse croire nombre de médias paresseux ou complaisants. Il est entre la communauté réunie dans le GIEC et une partie des climatologues qui pensent que le rapport de 2007 est trop prudent parce que les signes de l’accélération du changement climatique sont d’ores et déjà visibles. »

13) l’anthropocène, on change d’ère géologique
 « Ce que nous devons comprendre, c’est que nous entrons dans une nouvelle ère, l’anthropocène, où pour la première fois dans l’histoire de la Terre, l’homme gouverne l’environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu’il veut faire et comment il va se comporter avec elle. » (Claude Lorius, bilan planète 2009 du Monde p.93)

2)  les conséquence sociales

21) les migrants climatiques : migration et tension interethniques
 La Terre compte 200 millions de migrants, soit près de 3 % de la population mondiale. Des flux plus complexes que le simple mouvement Sud-Nord. Une autre forme de migration dramatiques se profile, liée cette fois à l’environnement. Il y a eu pas moins de 20 millions de réfugiés climatiques en 2008 selon l’ONU qui affectait ce décompte pour la première fois. Au mois de juin, les Nations unies, l’ONG Care et l’université de Columbia esquissaient l’avenir des migrations forcées liées aux dérèglements de l’environnement : d’ici cinquante ans, le changement climatique va jeter sur les routes 200 millions de réfugiés, provoquant effondrement social et explosions de violence. De quoi compliquer encore l’épineuse gestion des camps de réfugiés et  de déplacés. Fin 2008, le monde  comptait 42 millions de personnes déracinées. (bilan planète 2009 du Monde p.64)
       Remarque de Fabien Delmarès : préférer l'expression  "migrants climatiques" à "réfugiés ..."
En effet, les migrants climatiques sont sans statuts, et n'ont droit à rien, puisque non éligibles à une convention internationale ou autre disposition juridique qui leurs permettrait de faire valoir un quelconque droit. Il est donc important de bien les qualifier !

22) les guerres du climat : le problème alimentaire, la montée des eaux
Harald Welzer : «  Les prévisions des climatologues annoncent une augmentation des températures et de la raréfaction des pluies au Soudan. Soit une baisse possible de 70 % environ des récoltes de céréales. Dans ce pays déchiré  depuis un demi-siècle par la guerre, c’est une menace écologique supplémentaire considérable. La région du Darfour connaît une évolution comparable. L’exemple du Darfour permet, pour la première fois, de mettre en évidence un lien direct entre changement climatique et violence guerrière. La perte d’espaces de survie dans les Etats insulaires, de la désertisations croissante à la salinisation des sols et à l’érosion, sans oublier la sur-acidité des océans et l’alluvionnement des grands lacs, vaste est la palette des problèmes du XXIe siècle susceptibles d’engendrer des conflits armés dramatiques entre des populations qui aspirent aux mêmes ressources rares, qui sont contraintes de quitter des régions devenus inhabitables et tentent de s’installer sur des terre où d’autre se sont déjà établis. » (bilan planète 2009 du Monde p.8)
       exemple donné par Rémi Noël sur la montée des eaux. Le GIEC estime la fonte totale des glaces du Groenland à 70 cm en plus pour le niveau de la mer au début du prochain siècle, et que si l'Antarctique devait fondre complètement (hypothèse improbable aujourd'hui), c'est 70 m d'eau en plus qu'il faudrait gérer sur les côtes à la fin du 22ème siècle. L'on sait d'ores et déjà que 70% du Bengladesh est condamné dans le siècle qui vient, suite à la salinisation des terres rendant impossible les cultures, par suite de la montée des océans de quelques dizaines de cm.
 
3) les solutions

31) les fausses solutions : contribuent à repousser la seule solution efficace, diminuer les émission de GES

311) solutions techniques : la géo-ingénierie
- Des climatologues envisagent de refroidir artificiellement la terre ! Certains voudraient fertiliser les océans avec des particules de fer, un nutriment qui favorise la photosynthèse, donc l’absorption de carbone par le phytoplancton et in fine la diminution de l’effet de serre. Mais il ne suffit pas que le phytoplancton absorbe du carbone, encore faut-il que celui-ci tombe au fond des océans pour y être durablement stocké… On ne peut, sur cette question, rien affirmer ! Un autre dispositif serait l’injection dans la stratosphère de dioxyde de soufre qui se transformerait en minuscules particules de sulfate Ces aérosols réfléchiraient alors partiellement les rayons solaires pendant quelques années. L’éruption volcanique du Pinatubo a ainsi fait baisser en moyenne les températures au sol d’environ 0,5 ° pendant deux ans. Mais cet effet ne reflète pas la complexité des phénomènes et les perturbations différenciées des régions.
- sur la technologie comme moyen de rendre le charbon « propre » : Compliqués à mettre en œuvre, les technologies de capture du carbone ne devraient pas être au point avant 2020 au plus tôt et, selon l’AIE, ne devraient commencer à produire leurs effets sur le niveau mondial des émissions de CO2 qu’à partir de 2030. (bilan planète 2009 du Monde p.46)

312) solutions libérales : le marché carbone
 Seuls les Européens s’appuient véritablement sur un système d’échanges de quotas de CO2 pour réduire les émissions du secteur industriel. Pour la première fois en 2008, le volume des quotas alloués s’est avéré insuffisant, contraignant les entreprises à acquérir des crédits à l’extérieur de l’union, notamment sur les marchés liés aux mécanismes de développement propre (MDP). Le protocole de Kyoto permet en effet aux Etats industrialisés ayant pris des engagements  chiffrés de comptabiliser dans une certaine limite (13,5 % de leur obligations) ces crédits pour remplir leurs objectifs climatiques. Les MDP sont jusqu’à présent le principal instrument pour transférer des technologies moins polluantes vers les pays du Sud, grâce à des financements du Nord. Toutefois, depuis 2008, la crise financière est venue s’ajouter aux difficultés d’un système grippé par la lourdeur des procédures ; ainsi pour la première fois le volume des GES neutralisé grâce aux MDP a diminué. De plus ce marché est un nouveau terrain de fraude pour les escrocs. (bilan planète 2009 du Monde p.30)

313) l’adaptation comme incitation à ne pas changer ses habitudes consuméristes
- Fin 2006, l’économiste Nicholas Stern a rendu au gouvernement britannique une étude concluant que les coûts de l’inaction seraient très lourds. (bilan planète 2009 du Monde p.18)
- Pour Borloo, un plan d’aide aux pays pauvres est prioritaire pour sauver la conférence de Copenhague qui capote avant même d’avoir commencé. Mais il s’agit de financer un plan justice-climat « pour aider les pays les plus vulnérables à s’adapter aux changements climatiques » (LeMonde du 20 novembre). Ce n’est pas sérieux ! Il ne s’agit pas de s’adapter au réchauffement climatiques, mais d’enrayer les émissions de gaz à effet de serre de la classe globale, celle qui croit encore qu’elle pourra toujours rouler en automobile individuelle. Ce plan repose sur une contribution « volontaire » des pays riches et émergents. Il suffit de se rappeler le % du PIB des riches qui a été promis pour l’aide publique au développent, bonne intention qui n’a jamais été suivi d’effet (sauf par les pays scandinaves). Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… (commentaires de Michel Sourrouille)

32) les solutions politiques

321) les tentatives de coopération depuis le protocole de Kyoto
 George Bush avait bien tenté de s’opposer au protocole de Kyoto, signé en 1997. dès son arrivé au pouvoir, au printemps 2001, le président américain avait signifié son opposition au traité, qui n’impliquait pas la Chine. Venant de la part du premier émetteur mondial à l’époque, ce boycottage aurait pu tué le protocole. Mais il a survécu, sous l’impulsion de l’Europe et du Japon, entrant en vigueur en 2005. Il contraint les pays industrialisés à réduire leurs émissions de GES de 5 % en 2012 par rapport à 1990. Durant toute l’année 2009, les négociations ont piétiné, et les divergences entre pays du Nord et pays du Sud se sont durcies. (bilan planète 2009 du Monde p.18)

322) les actions territoriales : les corps intermédiaires plus efficaces que la diplomatie internationale
- au niveau des villes : la municipalité de Boulder, petite ville de 100 000 habitants du Colorado, a doublé en 2009 la taxe carbone. Au cœur d’un pays peu sensible à l’écologie et d’une nation allergique à l’impôt, la ville a été la première au monde à mettre en œuvre, en 2007, une « contribution climat-énergie » locale. Plus étonnant, cette décision n’a pas été imposée par quelques élus, mais adoptée à 60 % par suffrage universel auprès de la population. La taxe carbone, calculée au prorata de la facture d’électricité de tous les abonnés, a pour but de doter le plan climat d’une source de financement pérenne. (bilan planète 2009 du Monde p.114)
- au niveau d’un pays : le président du Costa Rica, Oscar Arias, veut faire de son pays un modèle de lutte contre le réchauffement climatique de la planète. Le prix Nobel de la paix 1987 a promis que le Costa Rica serait neutre en matière d’émission de carbone dès 2021 car il aura réduit ses émissions de GES ou les compensera par la reforestation (…) Plusieurs écologistes et députés de l’oppositions ont dénoncé le double langage d’Oscar Arias qui autorise de dangereux projets immobiliers, miniers et pétroliers. (bilan planète 2009 du Monde p.120)

323) l’engagement citoyen : le discours politique est inopérant s’il n’y a pas consensus social et simplicité volontaire
 Il est clair que la réduction forte des émissions envisagées appelle un changement profond des modes de production économique, voire du mode de vie : une nécessité difficilement ressentie, particulièrement aux Etats-Unis. (bilan planète 2009 du Monde p.19 colonne1)
 Rajendra Pachauri a été réélu en 2008 à la tête de l’institution onusienne chargée de poser les diagnostics et d’esquisser les solutions au réchauffement (le GIEC), il tiendra ce rôle jusqu’en 2014. Début 2008, au cours d’une visite à Paris, il déclarait que la seule manière de maintenir intègre le climat actuel est de « changer de mode de vie ». Il faut par exemple « manger moins de viande » car la production animale est très émettrice de GES. Il faut aussi changer les mentalités pour ne rendre désirable que ce qui est utile : « Je déteste le shopping, c’est-à-dire acheter des choses pour la seule raison qu’elles sont disponibles ». Certains lui reprochent d’être un partisan de la décroissance qui avancerait masqué.(bilan planète 2009 du Monde p.97)
 Susan Solomon, chercheuse à la National Oceanic and Atmospheric Administration : «  C’est par devoir que j’ai accepté la coprésidence du groupe 1 du GIEC (…) Réduire les émissions prendra des décennies. Ni vous, ni moi ne sommes prêts à renoncer à notre voiture demain. Si le problème du changement climatique est si singulier, c’est qu’il impose de se regarder dans le miroir. (bilan planète 2009 du Monde p.104)
       Jean-Louis Bianco, ancien ministre: « Combien de temps pourrons-nous encore faire semblant ? Si nous voulons en finir avec un monde mal développé, il faudra apprendre à partager, à vivre sobrement au Nord pour vivre dignement au Sud. Cela ne peut se faire dans le laisser-faire, la simplicité volontaire est en route et les gouvernement seront jugés à leur sens de la solidarité et de l’anticipation. » (LeMonde du 21 novembre) 

324) la question du « rationnement » : taxe carbone et carte carbone
- taxe  carbone et rationnement par les prix : L’ide d’une taxe carbone avait été lancée en 2006 par Nicolas Hulot dans son « pacte écologique ». Elle avait été reprise, un an plus tard, dans les conclusions du Grenelle de l’environnement. La Suède, le Danemark ou le Royaume-Uni ont introduit cette taxe depuis plusieurs années déjà. Afin de réduire les émissions  de CO2 de 80 % d’ici à 2050, objectif de la France, les experts estiment qu’il faut viser une taxe à 100 euros en 2030 et à 200 euros en 2050. (bilan planète 2009 du Monde p.28)
       Le 28 juillet 2009, Michel Rocard a remis au président de la République le rapport sur la taxe carbone, fruit des cogitations du groupe d’experts qu’il présidait.  (bilan planète 2009 du Monde p.101)
       Les députés ont adopté dans une certaine sérénité, l'article 5 du projet de loi de finances (PLF) pour 2010 instaurant une taxe carbone. Christophe Caresche (PS) et François de Rugy (Verts) ont souligné le caractère novateur de ce nouvel impôt destiné à infléchir les comportements de consommation. et à permettre à la France de tenir ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre.  (Le Monde du 27.10.2009)
       La commission européenne a annoncé son intention, début octobre 2009, de préparer une proposition de taxe carbone d’ici au premier trimestre 2010. Resterait à la faire adopter à l’unanimité, comme la veut la règle européenne en matière fiscale. Ce qui est pour le moment loin d’être acquis. (bilan planète 2009 du Monde p.28 colonne 1)

- carte carbone et rationnement par les quantités :
- Cela veut dire distribuer un quota d’émissions de gaz à effet de serre entre les pays en proportion de leur population. Dit autrement, chaque citoyen du monde aurait le même droit, par exemple celui d’émettre 200 ou 300 kg de carbone/an. Donc un rationnement drastique des émissions actuelles du Français moyen. (Roger Guesnerie et Thomas Sterner  in LeMonde du 21 novembre).
- Le gouvernement britannique pourrait être l’un des pionniers des crédits CO2 individuels. L’idée est d’accorder à chaque individu un nombre de crédits CO2 annuels plutôt que d’imposer des taxes carbones sur les produits les plus coûteux en énergie fossile. Dans ce système, décrit comme plus égalitaire par ses défenseurs (notamment David Miliband, ancien ministre de l’environnement de Tony Blair, aujourd’hui ministre des affaires étrangères de Gordon Brown), à charge de chacun de gérer sa consommation, ses moyens de transports, ses dépenses énergétiques… Les crédits en excès pourraient être échangés sur un marché carbone, à l’instar de ce qui existe aujourd’hui pour l’industrie. Le projet Carbon Limited a trois ans pour étudier, sous l’égide de la RSA (Royal Society for the Encouragements of Arts, Manufactures & Commerce), l’idée d’une carte carbone individuelle. Et l’idée fait des émules hors du Royaume-Uni : le gouvernement irlandais s’intéresse à la question, et les experts américains examinent ces solutions de près. (Alternatives n° 18, 2e trimestre 2008, revue gratuite financée par Areva)

conclusion :
- La lutte contre le réchauffement marque le passage de la civilisation thermo-industrielle à l’ère de l’après-pétrole. Cette lutte est loin d’être gagnée : « Depuis quelques années, James Hansen a quelque peu déserté les débats scientifiques. Il est tout à sa croisade contre le charbon. Le climatologue en a la certitude, l’humanité brûlera tout le pétrole qu’elle parviendra à sortir du sous-sol. Cela fait, la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone se situera autour de 450 à 550 parties par millions (ppm). La houille représente un risque climatique bien supérieur, ses stocks sont quasi inépuisables. Se réhabituer au charbon aujourd’hui, c’est prendre le risque d’un accident climatique majeur demain. » (bilan planète 2009 du Monde p.88)
- On ne peut lutter contre le réchauffement sans lutter contre une société productiviste, la mobilité croissante et les inégalités. Ces caractéristiques ne sont pas seulement celles de la société capitaliste libérale.