Crise financière : la dramatique confusion entre prix et valeur

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Emmanuel Giannesini

La réaction du Président de la République et du gouvernement aux manifestations de la crise financière internationale n'ont guère suscité de débat de fond à gauche. Certes, les socialistes ont été unanimes pour dénoncer l'esbroufe du discours de Toulon, c'est heureux, et ont utilement mis en garde contre la mobilisation de l'épargne populaire via le livret A pour consolider des positions bancaires intrinsèquement critiquables. Mais au-delà, l'analyse des causes et des solutions sont-elles si différentes de part et d'autre ?

La dénonciation de la dérive éthique d'un capitalisme de plus en plus dissocié de l'économie réelle a, c'est vrai, quelque chose d'insupportable de la part d'une droite qui n'a jamais raté une occasion d'en accélérer le flux. Et l'intervention massive de la puissance publique, soudain réhabilitée, comme remède unique aux difficultés du marché ferait presque sourire quand on se rappelle l'équation naïve des débuts du quinquennat selon laquelle moins d'Etat entraîne mécaniquement plus de croissance. Il n'empêche : dans les deux cas, ces analyses pourraient être celles d'un parti socialiste au pouvoir, l'hypocrisie en moins.

Les socialistes seront donc dans leur rôle en exigeant du chef de l'Etat demain et du futur candidat Sarkozy dans quatre ans le bilan des promesses de Toulon. Gageons qu'il y aura beaucoup à redire. Mais ils auraient tort de s'en tenir là et de se satisfaire d'une victoire morale sans s'interroger plus avant sur les leçons à tirer de la crise. Celles-ci sont d'une importance capitale pour qui veut croire à une refondation de la gauche, à une reprise de la lutte contre les inégalités et à un renouveau du sens du mot « progrès ». Rien de moins.

On ne proposera pas un programme aussi ambitieux ici, mais plus modestement, trois éléments de réflexion hétérodoxes issus des analyses du pôle écologique du Parti Socialiste, qui esquissent une analyse et une réponse différentes face à la crise actuelle.

Lire la suite ici :
http://www.marianne2.fr/Crise-financiere-la-dramatique-confusion-entre-p...

Philippe Finiels.

A lire sur le même sujet les articles de Bernard Maris et Philippe Val dans le Charlie Hebdo de cette semaine.

 

 

C'est brillant et

C'est brillant et juste. Bravo. 

Cela rejoint beaucoup de choses claires depuis longtemps, que les "esprits purs" du libéralisme ne voulaient pas entendre comme ils ne veulent pas entendre que la destruction du patrimoine naturel n'est pas gratuite. 

A cet égard, les normes comptables en vigueur, inspirées par ces esprits purs, sont proprement criminels : au nom du "fair value", on apprécie la valeur de ses actifs lorsque les marchés montent, ce qui, parallèlement, autorise tout financement nouveau de même niveau, porté au passif du bilan. Le "fair value", à l'actif, n'est en réalité qu'une écriture déconnectée de l'économie réelle alors que le financement en face, au passif, même s'il n'a pas encore été mobilisé, est lui bien réel (il y au moins un engagement) : quand cela monte, l'effet de "bulle" s'autoalimente.

Et puis, tout à coup, à la moindre petite anicroche -cas, en effet, de la crise originelle des suprimes à l'échelle de ses conséquences-, ll'actif se met à décroître, et il reste, alors en face, la couverture du financement, l'engagement, c'est-à-dire la dette qui, elle, est bien réelle. Et là,  c'est l'engrenage inverse que nous connaissons : on se dépêche de vendre des actifs qui n'avaient jamais, sur le plan de la vente physique, atteint le prix porté dans les comptes et, comme personne ne veut les acheter, on les brade, et on les brade, alors que, en face, la dette reste là même. Et c'est la cata actuelle.

Je me rappelle quand, il y a quelques années, les banquiers que je connaissais se délectaient avec une suffisance totale, de leur GAP ou de leur LAM, dans leur jargon, c'est-à-dire de la gestion actif passif de leur bilan (liabilities assets management, en anglais) : pour s'enrichir, cela ne servait plus à rien de produire quelque chose -ce qui, dans une entreprise normale, notamment industriel, est plutôt le job habituel qui se traduit, si tout va bien, par un excédent de son compte de résultat, compte représentatif de l'activité annuelle de production- ; pour s'enrichir, mieux valait jouer sur des choses qui n'existaient pas, des variations fictives du bilan, non resprésentatives d'une quelconque activité de production, mais seulement d'une spéculation quelconque.

Et là, le bon sens de la réalité vient de rattraper la fiction de l'enrichissement de la décennie passée.

Présentation Parti Socialiste de Sciences Po

Bonjour,
mon message est mal placé mais je n'arrive pas à proposer un événement sans signer la motion sur votre site.

la section PS de Sciences Po organise une présentation des motions le Mercredi 22 Octobre entre 19h15 et 21h pour les motions ABC (et le 28 pour DEF). La motion dispose de 30 minutes pour se présenter brièvement puis dialoguer avec les étudiants.

Nous avons déjà un interlocuteur pour les motions A et C, mais pas encore pour la motion B, le mercredi 22 octobre.

L'un de vos signataires pourrait-il venir?

Merci de transmettre ce message aux personnes concernées. Vous pouvez nous contactez à l'adresse ps_scpo AT yahoo.fr

bien cordialement,
le bureau de la section PS - Sciences Po