Le débat énergétique et nucléaire

Contribution d'Alain GUENON,  Section du PS de St Ciers-sur-Gironde

Préambule : Le Pôle écologique du Parti Socialiste a engagé une vaste concertation sur les choix à opérer concernant les énergies de demain. Bien entendu, on peut interpréter différemment le message affiché en titre.

N’étant en aucune manière expert en quoi que ce soit, je me bornerai à présenter un analyse – non-exhaustive - reposant sur les informations glanées au sein de divers articles de presse (dont spécialisée), de reportages ou entretiens télévisés et de recherches sur internet, mais aussi sur des confrontations d’arguments et autres opinions dans un lieu géographique où une centrale nucléaire (Braud et St Louis) âgée de 30 ans suscite parfois des passions.

De nombreux habitants de la commune et des environs se voient contraints de se déplacer à Bordeaux et alentours pour exercer une activité professionnelle, l’agriculture locale étant une offre plutôt limitée.

 

 

BESOINS EN ENERGIE :

 

Le terme de besoin n’est pas forcément approprié, mais il est représentatif de l’appel de consommation constaté ces dernières années. S’il est subjectif puisque des évènements tels que l’actualité politico-économique et les projections à plus ou moins brève échéance sont des indicateurs « mouvants », il apparait souvent encore comme incontournable…sentiment que nous pouvons participer à faire évoluer.

 

I. Production d’électricité :

 

L’électricité est l’énergie la plus sollicitée en France.

 

Comparaisons des puissances potentielles (sources Wikipedia)

  • Une éolienne de 2 MW fonctionnant à pleine puissance pendant 1/4 de l’année produit 4 à 5 millions de kWh, soit l’électricité domestique consommée par 4 000 personnes en moyenne (hors chauffage) [3]. Une éolienne 5MW offshore produit plus de 15 GWh par an, soit de quoi alimenter 10000 voitures électriques standards (type Renault Mégane 100 % électrique) qui parcourent chacune 10000km par an.
  • Un aérogénérateur : de quelques kW jusqu'à 6 MW (en 2006) ; la plupart des grandes éoliennes installées aujourd'hui en France ont une puissance de 1 à 3 MW. En général, elles sont rassemblées en fermes éoliennes de 6 à 210 MW[4].
  • Une centrale thermique à flamme : 120 à 720 MW (en France[5] en 2006)
  • Une centrale solaire photovoltaïque : de quelques centaines de watts à 20 MW (record 20 MW : centrale solaire de Beneixama en Espagne) en 2006.
  • Une centrale solaire thermodynamique : de 2 à 350 MW (record : 354 MW avec la centrale de Luz Solar Energy dans le désert de Mojave en Californie, États-Unis)
  • Une centrale hydro-électrique : de quelques kW à 3 000 MW (record : 32 turbines de 700 MW soit 22 400 MW au Barrage des Trois-Gorges en Chine) en 2006.
  • un réacteur nucléaire : de l'ordre de 900 à 1 300 MW en général (record : 1 550 MW à la centrale nucléaire de Civaux au sud de Poitiers) en 2006.
 

 

 

I-I. Le nucléaire :

 

Même les citoyens anti-nucléaires ne prétendront pas que l’on peut se passer d’énergie. Tout au plus plaideront-ils pour une consommation moindre et l’utilisation d’autres modes de production ; ils ne sont pas isolés dans cette considération.

Où je peux exprimer un désaccord se situe à leur exigence de fermeture dans l’urgence de tel ou tel autre site nucléaire, l’arrêt immédiat de tel ou tel réacteur qu’ils estiment trop ancien et potentiellement dangereux. Effet ou opportunité Fukushima ?

 

Nos amis d’Europe Ecologie-Les Verts apparaitront sans doute plus « sages », donnant un peu de temps au remplacement de la production nucléaire par des énergies renouvelables « propres ». Mais ils veulent un engagement politique et se méfient du projet du Parti socialiste – tout comme de celui de N. Hulot (qui s’est fait tirer l’oreille), d’ailleurs.

Ils ont cependant été nombreux à participer aux manifestations organisées récemment par le Réseau Sortir du Nucléaire, à Fessenheim et/ou « Tchernoblaye » à Braud et St Louis.

 

Pour Cap21 et Corinne Lepage, l’usager est prié de financer l’allongement de la durée de vie des centrales, le nucléaire étant chargé par ailleurs d’empêcher le développement du renouvelable.

Son avis est que le citoyen français s’expose ainsi à un risque nucléaire croissant en raison des pressions exercées par les exploitants pour réduire les coûts (donc la sureté).

 

Yann Wehrling, porte-parole du Modem, ne prend pas trop de risques : « Si une réduction de notre production électrique nucléaire est souhaitable, il ne faut pas agir avec précipitation…réalisons des tests de résistance sur l’ensemble de nos installations, en priorité les plus vieilles. » ;

 

Chacun connait la marotte de N. Sarkozy  tout-nucléaire avec ses velléités de suprématie commerciales et orientation vers la technologie EPR si les autorisations de prolongement de vie ne le satisfont pas…

 

Le Parti socialiste semble hésiter à franchir le pas. Et surtout, comment ? Quelles déclarations lorsqu’on a été durant des décennies en phase avec la production électrique d’origine nucléaire parce qu’elle garantissait une fourniture sur tout le territoire à tarif régulé et acceptable ; qu’elle générait de l’emploi et était considérée comme source importante de richesse, locale et nationale. Il revient au Pôle écologique de conduire cette analyse.

 

La France doit donc aujourd'hui faire face, tout comme les autres pays industrialisés, aux conséquences liées à la hausse des demandes de consommation. Ses futurs choix énergétiques devront apporter des solutions aux problèmes environnementaux (pollution, effet de serre, épuisement des ressources naturelles...) tout en garantissant la maîtrise de ses approvisionnements. Ces derniers tiendront compte des avancées en matière de « chasse au gaspi ».

 

Les évènements au Japon ont ravivé les craintes de catastrophe du type Tchernobyl dont le 25ème anniversaire vient d’âtre célébré. Quelque chose semble changer dans l’opinion publique qui interpelle et que l’on ne peut ignorer.

 

 

Quelques éléments d’appréciation :

 

 Une tranche nucléaire de 1 000 MW de puissance électrique peut délivrer, en l'absence d'incident et dans le cadre d'un fonctionnement en base, environ 8 000 GWh par an, soit 8000 heures à pleine puissance, chiffre théorique dont on se rapproche à environ 95 % en France lorsque la centrale fonctionne en base. Cependant il est compliqué de réduire la production d'une centrale et si elle excède la consommation, il faut la jeter ou la stocker, ce qui, en France, est réalisé grâce à des stations de pompage-turbinage ("STEP") ; dans ce cadre les centrales ont des facteurs de charge de l'ordre de 80 %, correspondant à une production annuelle de 6 600 MWh par tranche de 1 MW électrique, soit 6600 heures à pleine puissance.

 

En progression constante, la consommation d'électricité en France est essentiellement le fait des habitations et du secteur tertiaire.

Votre facture EDF vous indique que l’origine de l’électricité que vous consommez (réf. 2009) est à 82,1 % nucléaire, 9,5 % renouvelables (dont 7,1 hydraulique), 3,5 % charbon, 3 % gaz et 1,6 % pétrole (+ 0,3 % autres).

D’autres organisations présentent des chiffres assez différents mais qui ne modifieront pas mon appréciation sur le fond.

 

Part de l'électricité dans la consommation totale d'énergie :

 

La consommation d'énergie en 2009 en France
est de 259 Mtep.

L'électricité représente presque la moitié de la consommation d'énergie et ce, avec une tendance à la stabilisation depuis quelques années.


 

Évolution de la consommation d'électricité

 

La consommation totale d'électricité en 2009 en France est de 479 TWh.
Si entre 1973 et 2008, elle a été multipliée par 3, on constate un léger infléchissement en 2009.


 

Les secteurs consommateurs

 

En 2008, le résidentiel et le tertiaire consomment la majeure partie de cette électricité et ce, avec une progression constante depuis plusieurs années.

I -II. Autres énergies. Comparaisons de production effective :

· Le solaire photovoltaïque produit environ entre 1000 et 1 200 MWh par MW de puissance installée en France, cela peut monter à 2 000 MWh par MW dans les meilleurs (et rares) sites européens. Cette productivité varie selon l'ensoleillement du lieu et non pas en fonction du rendement des installations. Les chiffres annuels de production solaire photovoltaïque annoncés par différents pays montrent des cas extrêmes : en Allemagne ils sont de 574 MWh par MW (équivalent à 574 heures à pleine puissance sur 8760 d'une année, soit 6,52 % du temps), et en Californie de 1 458 MWh par MW (équivalent à 1458 heures à pleine puissance, soit 16,6 % du temps).

· Une éolienne a, en moyenne, une production équivalente à un peu moins de 2000 heures à pleine puissance. Son taux de charge est de 22 % d'après le bilan électrique 2010 établi par RTE.

 

I -III. Un choix éminemment politique :

 

Si l’énergie la plus consommée est l’énergie électrique, les moyens de production restent volontairement sur la base du nucléaire, introduit « politiquement » en France par le gouvernement de…Pierre Mesmer. Ses successeurs ne l’ont pas contredit.

Sa notoriété de moins disante (coûts d’exploitation//rendement) à une époque où la modernisation des structures semblait s’imposer a permis au nucléaire de remporter le challenge au fils des ans, affichant des tarifs très attractifs. Mais l’uranium vient du Niger…

L’accident des Three Mile Island a eu peu de retentissement en France et la tendance forte à la préservation de notre planète (halte à la pollution, aux gaz à effet de serre…) a amené AREVA et EDF à joindre leurs voix puissantes : le nucléaire ne rejette pas de CO2 dans l’atmosphère et le nucléaire français est le plus sûr au monde !

 

I -IV. Mais que fait-on des déchets ?

 

     Il faut distinguer deux catégories principales de déchets nous apprend-t-on sur le site http://mixenergetique.edf.com : les déchets de faible ou moyenne activité et à vie courte –environ 30 ans - (dont le volume est passé de 165 m3 par réacteur et par an, à 97 m3 en 2001). Ils représentent 98 % du volume total des déchets et leur solution de stockage sûre et définitive est opérationnelle.

Les déchets à radioactivité très forte et à vie très longue – plusieurs milliers d’années - , qui représentent 2 % du volume total. Il s’agit essentiellement de produits non recyclables, issus de la fission dans le cœur du réacteur. Ils sont aujourd’hui vitrifiés dans un matériau « inaltérable » et entreposés sur le site de Cogema-La Hague.

En attendant mieux…on est rassurés.

Ou non ! Car si l’on prend d’autres avis parmi les plus sérieux, après les retraitements - dont on sait que les transferts de combustible usé inquiète - et la distribution du Mox, il faudra bien revoir les conditions d’enfouissement puisqu’on n’est pas en mesure de proposer un autre type de stockage, semble-t-il.

 

 

 

II-Energies fossiles :

L’énergie fossile est l’énergie produite à partir du pétrole, du charbon et du gaz naturel. Contrairement aux énergies renouvelables, la réserve de ces trois combustibles est fixe, et non renouvelable : elle s’épuise au fur et à mesure de son utilisation.

Le sous-sol français ne recèle pratiquement pas de ressources gazière ou pétrolière exploitées au regard de la consommation de l’industrie et de celle des ménages. Mais de récentes « trouvailles » remettent l’ouvrage sur le métier.

 

II-I. L’exploitation des huile et gaz de schiste :

 

Autorisée par le gouvernement il y a quelques mois, son exploration a été ajournée pour raison d’impopularité voire de rejet par la population de son exploitation par la méthode dite de « fracturation ». Nous savons que le gouvernement n’a pas abandonné son ambition d’exploitation à partir d’une autre technique réputée non polluante pour les nappes phréatiques.

C'est que le sujet est épineux : hautement émetteur de CO2, cet hydrocarbure emprisonné dans la roche sédimentaire du sous-sol représente une vaste manne financière pour les industriels, alors que le pétrole se fait de plus en plus rare. Mais pour l'extraire, les exploitants doivent notamment procéder à des "fracturations horizontales", à savoir l'injection dans la roche d'eau sous très haute pression, alliée à du sable et à des produits chimiques.

Il en va de même pour le gaz dont les vidéos en provenance des USA ont fait leur effet. Une carte recense la radioactivité présente dans 149 des quelque 200 puits installés dans l’Etat de Pennsylvanie et recense 42 puits dont l’eau rejetée dépasse la norme autorisée pour l’eau potable en radium, 4 dans le cas de l’uranium, 41 dans celui du benzène, 128 les dépassent pour le « gros alpha » (des radiations causées par les émissions d’uranium et de radium).

 

Ambiguïté :

Le Premier ministre F. Fillon a fini par annoncer qu'il fallait "tout remettre à plat", et que les permis déjà accordés seraient abrogés. Tout en se gardant de "fermer la porte" aux nouvelles technologies qui permettraient d'exploiter « proprement » la précieuse ressource.

Dévoilé à la mi-avril, le pré-rapport commandé en février par le ministre de l'Industrie Eric Besson et sa collègue de l'Ecologie Nathalie Kosciusco-Morizetest est à l’image de cette ambigüité. Les auteurs préconisent de mener des « travaux de recherche et de tests d’exploitation » sur cette ressource énergétique, assortis "d'un encadrement strict".

Chef de file du mouvement anti-gaz de schiste, José Bové dénonce quant à lui un rapport de connivence. "Je ne suis pas vraiment étonné que cette mission soutienne les industriels, puisque les personnes qui ont rédigées ce pré-rapport sont celles-là même qui ont instruit les dossiers d'autorisation des permis les années passées".

Loi d'urgence :

 Un projet de loi d'urgence, destiné à interdire l'exploitation des mines de gaz de schiste et à abroger les permis déjà accordés a pourtant été proposé par l'UMP Christian Jacob pour être examiné à l'Assemblée le 10 mai. Deux autres propositions analogues ont été déposées par le radical Jean-Louis Borloo - dont le ministère avait délivré des permis alors qu'il était ministre de l'Ecologie - et par les socialistes.

Mais même si l'un de ces projets de loi se voyait adopté en urgence, le gouvernement donne l'impression de se réserver la possibilité de refaire passer ses projets à plus ou moins long terme. Difficile, par conséquent, de prédire aujourd’hui quel sera l'avenir de l’huile et du gaz de schiste en France. Patientons donc mais pas trop...

 II-II. Le pétrole :

L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, car le pétrole fournit la quasi totalité des carburants liquides —fioul, gazole, kérosène, essence, GPL— tandis que le naphta produit par le raffinage est à la base de la pétrochimie, dont sont issus un très grand nombre de matériaux usuels —plastiques, textilessynthétiques, élastomères, détergents, engrais, cosmétiques, etc. — et que les fractions les plus lourdes conduisent aux bitumes, paraffines ou encore lubrifiants..

En décembre 2009, la production mondiale de pétrole s'est élevée à 83,88 millions de barils par jour, répartis essentiellement entre la Russie (12,3 %), l'Arabie Saoudite (9,84 %), les Etats-Unis (8,95 %), la Chine (4,73 %), l'Iran (4,47 %), la Communauté des Etats Indépendants hors Russie (3,84 %), le Mexique (3,49 %), le Brésil (2,98 %) et l'Irak (2,90 %).

 
 
Consommation d'énergie (kg de pétrole par habitant - équivalence)
France
.Consommation pétrolière: 1,875 millions baril par jour (2009 est.)

Année

Consommation pétrolière
Rang
Changement
Date de l'information
2003
2 026 000
9
 
2001 est.
2004
2 026 000
9
0,00 %
2001 est.
2005
2 026 000
10
0,00 %
2001 est.
2006
2 060 000
9
1,68 %
2003 est.
2007
1 970 000
10
-4,37 %
2005 est.
2008
1 950 000
12
-1,02 %
2007 est.
2009
1 950 000
11
0,00 %
2007
2010
1 875 000
12
-3,85 %
2009 est.
2011
1 875 000
12
0,00 %
2009 est.

Consommation de produits pétroliers

Consommation de produits pétroliers
en millions de tonnes
e : donnée estimée.
r : données révisées.
Champ : marché intérieur, France.
Source : comité professionnel du pétrole (CPDP).
 
2008 (r)
2009
2009/08 (en %)
Gazole
32,8
32,9
0,2
Fioul domestique
14,2
13,6
-4,0
Carburants pour automobile
9,1
8,8
-3,8
dont super sans plomb 95
7,3
6,5
-10,7
Bases pétrochimie
9,5
(e) 8,7
-9,1
Fiouls lourds
2,8
2,6
-7,3
Carburéacteurs
6,6
6,1
-7,6
Gaz (GPL)
2,5
2,3
-6,7
Autres produits
6,0
6,0
-0,8
Total
83,5
(e) 80,9
-3,2
 

D'autres variétés de pétrole non conventionnelles sont également investiguées, telles que le charbon liquéfié, l'essence synthétique et les pétroles issus de la biomasse

 

II-III. Le gaz naturel :

 Le gaz naturel est un combustible fossile composé d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.

Avec 23 % de l'énergie consommée en 2005, le gaz naturel est la troisième source d'énergie la plus utilisée dans le monde après le pétrole (37 % en 2005) et le charbon (24 % en 2005). L'usage du gaz naturel dans l'industrie, les usages domestiques puis la production d'électricité, se développait rapidement depuis les années 1970.

 Environ 10%, soit 4 milliards de m3, de ce gaz naturel consommés en France proviennent d'Algérie.

Gaz conventionnel non associé

C'est la forme la plus exploitée de gaz naturel. Son processus de formation est similaire à celui du pétrole. Il alimente le marché international du gaz naturel et ses réseaux de transport par gazoducs et méthaniers.                                                                                                       Le gaz naturel traité, en vue d'être commercialisé, est incolore, inodore, insipide, sans forme particulière. Il contient entre 81 et 97 % de méthane. Il est moins dense que l'air : sa densité est de 0,6 par rapport à l'air et sa masse volumique est d'environ 0,8 kg·m-3. Il se présente sous sa forme gazeuse au-delà de -161 °C environ, à pression atmosphérique.

 D’autres types de gaz naturel sont aussi commercialisés :

Gaz associé : gaz présent en solution dans le pétrole

Gaz biogénique : issu de la fermentation par des bactéries de sédiments organiques.

Gaz de charbon : Le charbon contient naturellement du méthane et du dioxyde de carbone dans ses pores. Historiquement, ce gaz a surtout été connu pour la menace mortelle qu'il présente sur la sécurité des mineurs - il est alors resté dans la mémoire collective sous le nom de grisou. Cependant, son exploitation est en plein développement, en particulier aux États-Unis.

Gaz de schiste : Certains schistes contiennent aussi du méthane piégé dans leurs fissurations. Ce gaz est formé par la dégradation du kérogène présent. Le gaz est présent en faible concentration dans un énorme volume de roche, ce qui exige une technique spécifique. L’utilisation de produits toxiques risque de polluer les nappes phréatiques et le gouvernement a dû suspendre les explorations en France.

Hydrates : Les hydrates de méthane sont des structures de glace contenant du méthane prisonnier. Le volume de gaz existant sous cette forme est inconnu, et aucune technologie rentable ne permet actuellement d'exploiter ces ressources.

III. Les biocarburants :                                                                                 Carburant liquide issu de la transformation des matières végétales produites par l'agriculture (betterave, blé, mais, colza, tournesol, pomme de terre…). Les biocarburants sont assimilés à une source d’énergie renouvelable. Leur combustion ne produit que du CO2 et de la vapeur d'eau et pas ou peu d'oxydes azotés et soufrés (NOx, SOx).
Il existe deux filières de production de biocarburants : la filière de l’éthanol et la filière des esters :                                                                                                                                                                       • Incorporé dans les supercarburants, le bioéthanol                                                                      • Mélangés à du gazole, les esters méthyliques d’huile végétale

 IV. Ce qu’on peut en dire :

Non seulement les énergies fossiles sont des matières organiques combustibles dont les réserves sur Terre sont en voie d’épuisement, mais leur combustion libère du CO2 qui participe à l’effet de serre et au réchauffement climatique. Le SO2 n’apporte rien de bien meilleur…Cette baisse annoncée des ressources d’énergies fossiles amène à se tourner soit vers une production d’énergie nucléaire, qui peut entraîner d’autres formes de pollution ou avoir un impact sur la santé humaine (irradiations), ou des formes d’énergie renouvelables comme le vent, le soleil, la mer ou encore la terre mais qui fournissent peu d’énergie utilisable par l’homme. Quelles sont les relations qui existent entre les ressources énergétiques, leur mode d’utilisation et les impacts sur notre environnement, comment concilier l’augmentation continue des besoins en énergie avec un développement durable des activités humaines ?
A-t-on réellement favorisé les moyens de production autres que le nucléaire ou ce dernier n’occupe-t-il pas une place qui le rend incontournable voire intouchable ?

Les arguments développés par notre fournisseur institutionnel reposent essentiellement sur la sécurité du « service rendu ». Ce qui plait bien au président de la République qui élève au rang de « protectrice » de l’humanité l’industrie nucléaire. Certainement est-elle pourvoyeuse d’emplois et permet-elle une tarification avantageuse. Mais EDF se garde bien d’afficher le coût réel des implantations, de toutes les composantes de l’exploitation, du démantèlement et de la gestion des déchets Le nucléaire a la réputation d’être peu coûteux. C’est oublier de prendre en compte ses coûts cachés, qui sont payés par tous les Français, même s’ils ne figurent pas sur la facture d’électricité.

Prenons l’exemple du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cet organisme de recherche a bénéficié de 308 milliards de francs de subventions publiques sur les 405 milliards de francs de budget civil cumulé pour la période 1946-1992. Le programme nucléaire en est le principal bénéficiaire, puisqu’il monopolise plus de 90 % de ces budgets de recherche, contre seulement 1 % à 2 % pour les énergies renouvelables. Cela change beaucoup de choses !    Vous avez dit « transparence » ?

La Charte de l’environnement est un texte légal récemment entré dans la constitution de la république française.

Les points saillants de la Charte sont les suivants :

(1) Tout individu a le droit de vivre dans un « environnement équilibré et respectueux de sa santé »
(2) Les devoirs des individus et des pouvoirs publics envers la préservation de l’environnement
(3) La responsabilité écologique
(4) Le principe de précaution

Sont-ils respectés ?

AFP 02/05/2011 :

Le chantier de l'EPR de Flamanville, l'un des deux chantiers EPR les plus avancés dans le monde (l'autre se situant en Finlande), emploie quelque 3.400 personnes.EDF, le maître d'œuvre, a annoncé en juillet 2010 qu'il repoussait de deux ans, à 2014, la mise en service de ce réacteur que la France veut exporter, et avait relevé son coût à 5 milliards d'euros contre 3,3 milliards initialement. Il semble que sa fiabilité soit également mise en cause.

Fin mars André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait évoqué devant le Parlement la possibilité d'un moratoire sur la construction de l'EPR.

AFP - Publié le 02/05/2011 :

La chancelière allemande Angela Merkel a inauguré lundi le premier parc éolien en mer à usage commercial d'Allemagne, a constaté un photographe de l'AFP, alors que le pays fonde beaucoup d'espoir sur le vent pour pouvoir sortir plus vite du nucléaire.

On nous a expliqué qu’il faudrait 1260 éoliennes pour remplacer un réacteur nucléaire. Soit. Mais est-on condamné à consommer plus parce que ce n’est pas cher ? Je comprends bien que les publicités de votre hypermarché vous exhorte à consommer « malin », mais pourquoi laisser une ampoule allumée si elle n’a pas d’utilité et pourquoi laisser la porte donnant sur l’extérieur ouverte en hiver s’il fait froid ?                                                                              

Peut-être la « chasse au gaspi » apparait-elle à quelques-uns désuète, dénuée de sens puisque c’est si abordable…(je pense à ceux qui ne peuvent se nourrir correctement et tirent le diable par la queue). Alors je dis oui aux économies intelligentes et particulièrement celles de l’énergie mais aussi de l’eau. Pour laisser à nos descendants une planète régénérée parce qu’enfin respectée.

Les conclusions que j’en tire :

L’humain a vocation à habiter la Terre et il ne pourra le réaliser dans le temps que s’il l’a préservée. Il est fondé à utiliser ce que la nature lui offre pour son confort à condition qu’il ne dilapide pas les ressources à sa disposition. Le partage est le sentiment qui permet de vivre ensemble et qui enrichit collectivement. Il est doué pour effectuer des réalisations de plus en plus sophistiquées au fur-et-à mesure que les technologies avancent.

Ces avantages, engrangés au fil des siècles, ont aussi apporté la sagesse. A nous de bien l’utiliser et de la transmettre.

Bâtissons nos maisons en respectant les principes d’économie d’énergie : isolation, éclairage, matériel électroménager, choix du chauffage, etc…sans nous priver du confort. Utilisons ce que le soleil nous offre pour les éclairer ou chauffer l’eau

Utilisons le covoiturage autant de fois que ce sera possible, c’est la convivialité ! Consommons moins avec une conduite plus souple, c’est bon pour la planète et pour le portefeuille et c’est un plaisir renouvelable.

Faisons un effort pour consommer les produits de notre environnement direct, de notre région, ils seront plus frais et meilleurs et vous ferez plaisir à quelqu’un du voisinage, qui vous le rendra bien.

 Après tous ces « petits gestes » responsables, il nous restera à convaincre nos industriels et autres gouvernants – sans oublier les élus – de nous garantir une existence en plein accord avec la nature et respectueuse bien entendu de notre planète (qui ne nous empruntons à nos descendants…).

Toutes les énergies « propres » sont à notre disposition pour nos besoins réels : le vent (l’éolien), l’eau (l’hydraulique), le soleil (photovoltaïque, chauffe-eau), la terre (géothermie, puits canadien), la mer (éoliennes off-shore, marémotrices, hydroliennes), auxquels nous ajouterons la biomasse, le biogaz, les biocarburants et bientôt l’hydrogène. J’en passe…                                                        

Tout cela sans le risque nucléaire avec lequel nous devrons sans doute composer pendant quelques années encore, le temps d’assurer le transfert vers les énergies renouvelables. Mais nous veillerons à ce transfert en attendant d’appréhender un type d’énergie nucléaire plus acceptable (la fusion) lorsqu’il sera accessible.

Sans doute consommerons nous encore quelques pleins de gazole ou de super SP, mais les carburants de substitution, plus respectueux de notre environnement devraient se présenter sur le marché, pour peu qu’on les réclame !

Bon espoir.