Le sens du Congrès
17 octobre 2008
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Nicole Bricq, Sénatrice (77)
Depuis plusieurs années, nous sommes quelques camarades qui travaillons ensemble autour de l’idée qu’il faut au sein du PS dégager une orientation qui concrétise notre volonté affichée de transformation sociale dans et par des choix économiques et fiscaux radicaux afin de répondre en même temps à l’impératif écologique et à l’exigence de solidarité.Nous ne voulons pas laisser durablement à la droite le terrain des idées et nous ne nous satisfaisons pas du fait incontestable que nous soyons les meilleurs dans les collectivités que nous gérons.
En effet, notre Congrès ne doit pas uniquement régler les questions du leadership. Nous devons d’abord définir des orientations claires, mais aussi des orientations phare dans un monde qui a changé. La motion B, « Pour un parti résolument écologique » aborde des sujets que le Parti socialiste a trop longtemps négligé : l’écologie, l’altermondialisme, les nouvelles technologies. Il ne doit plus y avoir de sujet tabou. Et si nous voulons être le grand Parti de la gauche dont nous avons besoin, nous ne devons plus déléguer à d’autres un certain nombre de sujets comme l’écologie. Dans nos collectivités locales, nous savons bien que enjeux sociaux, enjeux urbains, enjeux environnementaux constituent un seul et même défi auquel nos élus doivent répondre quotidiennement. Ils savent le faire. Pourquoi, à l’occasion de notre Congrès, ne pas engager le travail nécessaire à une traduction nationale de cette action décentralisée ?
La crise d’épuisement des ressources non renouvelable est inédite. Elle constitue seulement les premiers symptômes d’un monde qui val mal. Pour agir efficacement, il est décisif d’en reconnaître l’importance structurelle et la spécificité par rapport à d’autres catégories de crise, comme la crise financière. N’oublions pas que celle-ci est au départ une crise sociale. Les produits de crédit émis aux Etats-Unis étaient la compensation créée par le système de l’affaiblissement de la masse salariale par rapport aux profits, du travail par rapport au capital.
Le capitalisme va comme à chaque crise, celle-ci fut-elle très forte, trouver sa recette. Mais nous socialistes, nous devons concentrer nos efforts vers le rééquilibrage du rapport capital/travail, source de tous les déséquilibres. C’est d’autant plus important que la puissance publique doit répondre à la crise écologique et que les entreprises innovantes auront besoin de « bonne finance » pour les accompagner dans les sauts technologiques qui aideront à la surmonter. Qui d’autre que l’Etat peut en fixer les règles ?
C’est donc bien une éthique de développement que notre Parti doit être en capacité de dégager à partir de son Congrès et, s’il lui faut une majorité forte et solidaire pour y travailler, nous sommes disponibles.

