L'effort de l'Etat en faveur de l'agriculture bio est insuffisant
Philippe PLISSON, député de la Gironde
Monsieur le ministre, L’honnêteté me commande en préambule de vous dire que votre décision de réorienter une partie de l’enveloppe de la PAC vers les agricultures fragiles va dans le bon sens.
Pour autant, cette démarche arrive bien tard et le transfert de 1,4 milliards d’euros est globalement très insuffisant, en particulier en ce qui concerne l’aide aux agricultures durables qui ne bénéficient que de 129 millions d’euros, soit moins de 10% du budget global.
L’enveloppe de 7 millions d’euros dédiée à la conversion à l’agriculture biologique n’est pas à la hauteur de l’engagement du Grenelle de parvenir à 6% des surfaces en 2012. Ces objectifs sont pourtant déjà nettement insuffisants compte-tenu de l’état de la planète et des atteintes à la santé, mais aussi en regard des demandes des citoyens et de la restauration collective.
Nous sommes confrontés là, en effet, à un double paradoxe, soit celui de sélectionner la clientèle par le prix, ce qui ajoute une injustice supplémentaire dans un monde qui en produit déjà trop, soit celui d’importer ces produits biologiques à grands frais et avec un bilan carbone qui annule au bout du compte le bénéfice de ses bienfaits.
De même, on peut regretter que n’ait pas été retenue la demande de suppression des références historiques qui subordonne les aides obtenues en fonction du travail réalisé 10 ans plus tôt.
Au moment même du lancement du plan Objectif Terre 2020 censé redessiner les contours du futur modèle agricole français, tous ces enjeux qui sont pourtant au cœur des préoccupations des français, n’apparaissent pas comme une priorité du gouvernement auquel vous appartenez.
Pourtant la mode est au durable, et même s’ils vont dans le même sens, le bon, je ne mettrai pas sur le même plan la mise en culture médiatique d’un potager bio à la présidence du pays de Mosanto et votre réorientation courageuse d’une partie de l’enveloppe de la PAC.
Pour autant, si on ne peut que se féliciter de ce début de « coming out » concernant un ministère jusqu’alors inféodé aux lobbies productivistes, on se doit de vous encourager à faire mieux encore, avec l’espoir que votre successeur emprunte résolument le chemin sur lequel vous venez timidement de vous engager.
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Intervention de Philippe Plisson le 26 mars à l'Assemblée Nationale lors du débat sur le "Bilan de santé de la politique agricole commune"

