Quand Borloo se met à ressurgir…

Nom et Prenom: 

Géraud GUIBERT

      Jean-Louis Borloo avait disparu. Depuis quelques mois, on ne l’entendait plus. Pendant ce temps, la relance du béton et des émissions de gaz carbonique a pris le pas sur le changement nécessaire du mode de développement.
      Et puis, hier (Le Monde du 16 mai), le ministre du développement durable ressurgit pour nous asséner ses vérités. Les grandes associations agissant dans le domaine de l’environnement, et nous tous les citoyens n’avions rien compris : le gouvernement « tient les promesses du Grenelle », d’ailleurs « les réalisations sont quotidiennes », les « 270 mesures prévues ont été engagées », « la France est en situation réelle de rupture écologique » (sic) et nous avons « verdi notre fiscalité comme jamais » (re-sic). Décidément, les élections se rapprochent, et toutes les outrances sont permises.
      Quand on regarde les choses de près, la réalité est évidemment toute différente. Les seuls chiffres mirifiques sont des montants sur 10 ans, ou bien des objectifs à 2020, et on imagine que Jean-Louis Borloo ne sera pas là à ces dates pour constater les résultats.
      Pour le reste, le seul vrai critère est budgétaire. Et là, si on exclut un programme bienvenu d’aide aux tramways (mais qui ne fait que compenser les errements du gouvernement précédent, nous en savons quelque chose au Mans), l’effort de l’Etat est très modeste : un programme de TGV largement financé par les collectivités locales,  une quasi-absence d’aide supplémentaire pour l’isolation des logements sociaux, des ministères qui n’en sont pour leurs bâtiments qu’au stade des audits et non des réalisations concrètes, un programme très modeste de développement de l’énergie solaire, mais massif en matière nucléaire,….
      Et, à côté, un programme quasiment inchangé d’autoroutes une aide aux voitures y compris fortement polluantes, un durcissement scandaleux des règles d’enquête publique et, cerise sur la gâteau, un nouveau circuit de F1, pour satisfaire les caprices d’un milliardaire du sport automobile !!!
      On a sorti Borloo de la naphtaline car il y a urgence : au fil du report des lois d’application de Grenelle, il faudra à ce rythme attendre pratiquement la fin de la législature pour sa mise en œuvre. Du coup, la défiance se répand.
      Il est vrai que nombre d’hommes politiques ont parfois dans le passé pris l’habitude d’ouvrir d’innombrables chantiers pour montrer qu’ils agissaient, mais sans en fermer aucun. Mais là, le record est battu : on dit qu’on agit, on fait quelques études au titre des premières mesures, et, faute de budget… on attend l’échéance électorale suivante. Cela méritait d’être dit.
     
Géraud GUIBERT, Porte Parole du pôle écologique du PS