Le débat énergétique et nucléaire

Contribution d'Alain GUENON,  Section du PS de St Ciers-sur-Gironde

Préambule : Le Pôle écologique du Parti Socialiste a engagé une vaste concertation sur les choix à opérer concernant les énergies de demain. Bien entendu, on peut interpréter différemment le message affiché en titre.

N’étant en aucune manière expert en quoi que ce soit, je me bornerai à présenter un analyse – non-exhaustive - reposant sur les informations glanées au sein de divers articles de presse (dont spécialisée), de reportages ou entretiens télévisés et de recherches sur internet, mais aussi sur des confrontations d’arguments et autres opinions dans un lieu géographique où une centrale nucléaire (Braud et St Louis) âgée de 30 ans suscite parfois des passions.

De nombreux habitants de la commune et des environs se voient contraints de se déplacer à Bordeaux et alentours pour exercer une activité professionnelle, l’agriculture locale étant une offre plutôt limitée.

 

 

BESOINS EN ENERGIE :

 

Le terme de besoin n’est pas forcément approprié, mais il est représentatif de l’appel de consommation constaté ces dernières années. S’il est subjectif puisque des évènements tels que l’actualité politico-économique et les projections à plus ou moins brève échéance sont des indicateurs « mouvants », il apparait souvent encore comme incontournable…sentiment que nous pouvons participer à faire évoluer.

 

I. Production d’électricité :

 

L’électricité est l’énergie la plus sollicitée en France.

 

Comparaisons des puissances potentielles (sources Wikipedia)

  • Une éolienne de 2 MW fonctionnant à pleine puissance pendant 1/4 de l’année produit 4 à 5 millions de kWh, soit l’électricité domestique consommée par 4 000 personnes en moyenne (hors chauffage) [3]. Une éolienne 5MW offshore produit plus de 15 GWh par an, soit de quoi alimenter 10000 voitures électriques standards (type Renault Mégane 100 % électrique) qui parcourent chacune 10000km par an.
  • Un aérogénérateur : de quelques kW jusqu'à 6 MW (en 2006) ; la plupart des grandes éoliennes installées aujourd'hui en France ont une puissance de 1 à 3 MW. En général, elles sont rassemblées en fermes éoliennes de 6 à 210 MW[4].
  • Une centrale thermique à flamme : 120 à 720 MW (en France[5] en 2006)
  • Une centrale solaire photovoltaïque : de quelques centaines de watts à 20 MW (record 20 MW : centrale solaire de Beneixama en Espagne) en 2006.
  • Une centrale solaire thermodynamique : de 2 à 350 MW (record : 354 MW avec la centrale de Luz Solar Energy dans le désert de Mojave en Californie, États-Unis)
  • Une centrale hydro-électrique : de quelques kW à 3 000 MW (record : 32 turbines de 700 MW soit 22 400 MW au Barrage des Trois-Gorges en Chine) en 2006.
  • un réacteur nucléaire : de l'ordre de 900 à 1 300 MW en général (record : 1 550 MW à la centrale nucléaire de Civaux au sud de Poitiers) en 2006.
 

 

 

I-I. Le nucléaire :

 

Même les citoyens anti-nucléaires ne prétendront pas que l’on peut se passer d’énergie. Tout au plus plaideront-ils pour une consommation moindre et l’utilisation d’autres modes de production ; ils ne sont pas isolés dans cette considération.

Où je peux exprimer un désaccord se situe à leur exigence de fermeture dans l’urgence de tel ou tel autre site nucléaire, l’arrêt immédiat de tel ou tel réacteur qu’ils estiment trop ancien et potentiellement dangereux. Effet ou opportunité Fukushima ?

 

Nos amis d’Europe Ecologie-Les Verts apparaitront sans doute plus « sages », donnant un peu de temps au remplacement de la production nucléaire par des énergies renouvelables « propres ». Mais ils veulent un engagement politique et se méfient du projet du Parti socialiste – tout comme de celui de N. Hulot (qui s’est fait tirer l’oreille), d’ailleurs.

Ils ont cependant été nombreux à participer aux manifestations organisées récemment par le Réseau Sortir du Nucléaire, à Fessenheim et/ou « Tchernoblaye » à Braud et St Louis.

 

Pour Cap21 et Corinne Lepage, l’usager est prié de financer l’allongement de la durée de vie des centrales, le nucléaire étant chargé par ailleurs d’empêcher le développement du renouvelable.

Son avis est que le citoyen français s’expose ainsi à un risque nucléaire croissant en raison des pressions exercées par les exploitants pour réduire les coûts (donc la sureté).

 

Yann Wehrling, porte-parole du Modem, ne prend pas trop de risques : « Si une réduction de notre production électrique nucléaire est souhaitable, il ne faut pas agir avec précipitation…réalisons des tests de résistance sur l’ensemble de nos installations, en priorité les plus vieilles. » ;

 

Chacun connait la marotte de N. Sarkozy  tout-nucléaire avec ses velléités de suprématie commerciales et orientation vers la technologie EPR si les autorisations de prolongement de vie ne le satisfont pas…

 

Le Parti socialiste semble hésiter à franchir le pas. Et surtout, comment ? Quelles déclarations lorsqu’on a été durant des décennies en phase avec la production électrique d’origine nucléaire parce qu’elle garantissait une fourniture sur tout le territoire à tarif régulé et acceptable ; qu’elle générait de l’emploi et était considérée comme source importante de richesse, locale et nationale. Il revient au Pôle écologique de conduire cette analyse.

 

La France doit donc aujourd'hui faire face, tout comme les autres pays industrialisés, aux conséquences liées à la hausse des demandes de consommation. Ses futurs choix énergétiques devront apporter des solutions aux problèmes environnementaux (pollution, effet de serre, épuisement des ressources naturelles...) tout en garantissant la maîtrise de ses approvisionnements. Ces derniers tiendront compte des avancées en matière de « chasse au gaspi ».

 

Les évènements au Japon ont ravivé les craintes de catastrophe du type Tchernobyl dont le 25ème anniversaire vient d’âtre célébré. Quelque chose semble changer dans l’opinion publique qui interpelle et que l’on ne peut ignorer.

 

 

Quelques éléments d’appréciation :

 

 Une tranche nucléaire de 1 000 MW de puissance électrique peut délivrer, en l'absence d'incident et dans le cadre d'un fonctionnement en base, environ 8 000 GWh par an, soit 8000 heures à pleine puissance, chiffre théorique dont on se rapproche à environ 95 % en France lorsque la centrale fonctionne en base. Cependant il est compliqué de réduire la production d'une centrale et si elle excède la consommation, il faut la jeter ou la stocker, ce qui, en France, est réalisé grâce à des stations de pompage-turbinage ("STEP") ; dans ce cadre les centrales ont des facteurs de charge de l'ordre de 80 %, correspondant à une production annuelle de 6 600 MWh par tranche de 1 MW électrique, soit 6600 heures à pleine puissance.

 

En progression constante, la consommation d'électricité en France est essentiellement le fait des habitations et du secteur tertiaire.

Votre facture EDF vous indique que l’origine de l’électricité que vous consommez (réf. 2009) est à 82,1 % nucléaire, 9,5 % renouvelables (dont 7,1 hydraulique), 3,5 % charbon, 3 % gaz et 1,6 % pétrole (+ 0,3 % autres).

D’autres organisations présentent des chiffres assez différents mais qui ne modifieront pas mon appréciation sur le fond.

 

Part de l'électricité dans la consommation totale d'énergie :

 

La consommation d'énergie en 2009 en France
est de 259 Mtep.

L'électricité représente presque la moitié de la consommation d'énergie et ce, avec une tendance à la stabilisation depuis quelques années.


 

Évolution de la consommation d'électricité

 

La consommation totale d'électricité en 2009 en France est de 479 TWh.
Si entre 1973 et 2008, elle a été multipliée par 3, on constate un léger infléchissement en 2009.


 

Les secteurs consommateurs

 

En 2008, le résidentiel et le tertiaire consomment la majeure partie de cette électricité et ce, avec une progression constante depuis plusieurs années.

I -II. Autres énergies. Comparaisons de production effective :

· Le solaire photovoltaïque produit environ entre 1000 et 1 200 MWh par MW de puissance installée en France, cela peut monter à 2 000 MWh par MW dans les meilleurs (et rares) sites européens. Cette productivité varie selon l'ensoleillement du lieu et non pas en fonction du rendement des installations. Les chiffres annuels de production solaire photovoltaïque annoncés par différents pays montrent des cas extrêmes : en Allemagne ils sont de 574 MWh par MW (équivalent à 574 heures à pleine puissance sur 8760 d'une année, soit 6,52 % du temps), et en Californie de 1 458 MWh par MW (équivalent à 1458 heures à pleine puissance, soit 16,6 % du temps).

· Une éolienne a, en moyenne, une production équivalente à un peu moins de 2000 heures à pleine puissance. Son taux de charge est de 22 % d'après le bilan électrique 2010 établi par RTE.

 

I -III. Un choix éminemment politique :

 

Si l’énergie la plus consommée est l’énergie électrique, les moyens de production restent volontairement sur la base du nucléaire, introduit « politiquement » en France par le gouvernement de…Pierre Mesmer. Ses successeurs ne l’ont pas contredit.

Sa notoriété de moins disante (coûts d’exploitation//rendement) à une époque où la modernisation des structures semblait s’imposer a permis au nucléaire de remporter le challenge au fils des ans, affichant des tarifs très attractifs. Mais l’uranium vient du Niger…

L’accident des Three Mile Island a eu peu de retentissement en France et la tendance forte à la préservation de notre planète (halte à la pollution, aux gaz à effet de serre…) a amené AREVA et EDF à joindre leurs voix puissantes : le nucléaire ne rejette pas de CO2 dans l’atmosphère et le nucléaire français est le plus sûr au monde !

 

I -IV. Mais que fait-on des déchets ?

 

     Il faut distinguer deux catégories principales de déchets nous apprend-t-on sur le site http://mixenergetique.edf.com : les déchets de faible ou moyenne activité et à vie courte –environ 30 ans - (dont le volume est passé de 165 m3 par réacteur et par an, à 97 m3 en 2001). Ils représentent 98 % du volume total des déchets et leur solution de stockage sûre et définitive est opérationnelle.

Les déchets à radioactivité très forte et à vie très longue – plusieurs milliers d’années - , qui représentent 2 % du volume total. Il s’agit essentiellement de produits non recyclables, issus de la fission dans le cœur du réacteur. Ils sont aujourd’hui vitrifiés dans un matériau « inaltérable » et entreposés sur le site de Cogema-La Hague.

En attendant mieux…on est rassurés.

Ou non ! Car si l’on prend d’autres avis parmi les plus sérieux, après les retraitements - dont on sait que les transferts de combustible usé inquiète - et la distribution du Mox, il faudra bien revoir les conditions d’enfouissement puisqu’on n’est pas en mesure de proposer un autre type de stockage, semble-t-il.

 

 

 

II-Energies fossiles :

L’énergie fossile est l’énergie produite à partir du pétrole, du charbon et du gaz naturel. Contrairement aux énergies renouvelables, la réserve de ces trois combustibles est fixe, et non renouvelable : elle s’épuise au fur et à mesure de son utilisation.

Le sous-sol français ne recèle pratiquement pas de ressources gazière ou pétrolière exploitées au regard de la consommation de l’industrie et de celle des ménages. Mais de récentes « trouvailles » remettent l’ouvrage sur le métier.

 

II-I. L’exploitation des huile et gaz de schiste :

 

Autorisée par le gouvernement il y a quelques mois, son exploration a été ajournée pour raison d’impopularité voire de rejet par la population de son exploitation par la méthode dite de « fracturation ». Nous savons que le gouvernement n’a pas abandonné son ambition d’exploitation à partir d’une autre technique réputée non polluante pour les nappes phréatiques.

C'est que le sujet est épineux : hautement émetteur de CO2, cet hydrocarbure emprisonné dans la roche sédimentaire du sous-sol représente une vaste manne financière pour les industriels, alors que le pétrole se fait de plus en plus rare. Mais pour l'extraire, les exploitants doivent notamment procéder à des "fracturations horizontales", à savoir l'injection dans la roche d'eau sous très haute pression, alliée à du sable et à des produits chimiques.

Il en va de même pour le gaz dont les vidéos en provenance des USA ont fait leur effet. Une carte recense la radioactivité présente dans 149 des quelque 200 puits installés dans l’Etat de Pennsylvanie et recense 42 puits dont l’eau rejetée dépasse la norme autorisée pour l’eau potable en radium, 4 dans le cas de l’uranium, 41 dans celui du benzène, 128 les dépassent pour le « gros alpha » (des radiations causées par les émissions d’uranium et de radium).

 

Ambiguïté :

Le Premier ministre F. Fillon a fini par annoncer qu'il fallait "tout remettre à plat", et que les permis déjà accordés seraient abrogés. Tout en se gardant de "fermer la porte" aux nouvelles technologies qui permettraient d'exploiter « proprement » la précieuse ressource.

Dévoilé à la mi-avril, le pré-rapport commandé en février par le ministre de l'Industrie Eric Besson et sa collègue de l'Ecologie Nathalie Kosciusco-Morizetest est à l’image de cette ambigüité. Les auteurs préconisent de mener des « travaux de recherche et de tests d’exploitation » sur cette ressource énergétique, assortis "d'un encadrement strict".

Chef de file du mouvement anti-gaz de schiste, José Bové dénonce quant à lui un rapport de connivence. "Je ne suis pas vraiment étonné que cette mission soutienne les industriels, puisque les personnes qui ont rédigées ce pré-rapport sont celles-là même qui ont instruit les dossiers d'autorisation des permis les années passées".

Loi d'urgence :

 Un projet de loi d'urgence, destiné à interdire l'exploitation des mines de gaz de schiste et à abroger les permis déjà accordés a pourtant été proposé par l'UMP Christian Jacob pour être examiné à l'Assemblée le 10 mai. Deux autres propositions analogues ont été déposées par le radical Jean-Louis Borloo - dont le ministère avait délivré des permis alors qu'il était ministre de l'Ecologie - et par les socialistes.

Mais même si l'un de ces projets de loi se voyait adopté en urgence, le gouvernement donne l'impression de se réserver la possibilité de refaire passer ses projets à plus ou moins long terme. Difficile, par conséquent, de prédire aujourd’hui quel sera l'avenir de l’huile et du gaz de schiste en France. Patientons donc mais pas trop...

 II-II. Le pétrole :

L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, car le pétrole fournit la quasi totalité des carburants liquides —fioul, gazole, kérosène, essence, GPL— tandis que le naphta produit par le raffinage est à la base de la pétrochimie, dont sont issus un très grand nombre de matériaux usuels —plastiques, textilessynthétiques, élastomères, détergents, engrais, cosmétiques, etc. — et que les fractions les plus lourdes conduisent aux bitumes, paraffines ou encore lubrifiants..

En décembre 2009, la production mondiale de pétrole s'est élevée à 83,88 millions de barils par jour, répartis essentiellement entre la Russie (12,3 %), l'Arabie Saoudite (9,84 %), les Etats-Unis (8,95 %), la Chine (4,73 %), l'Iran (4,47 %), la Communauté des Etats Indépendants hors Russie (3,84 %), le Mexique (3,49 %), le Brésil (2,98 %) et l'Irak (2,90 %).

 
 
Consommation d'énergie (kg de pétrole par habitant - équivalence)
France
.Consommation pétrolière: 1,875 millions baril par jour (2009 est.)

Année

Consommation pétrolière
Rang
Changement
Date de l'information
2003
2 026 000
9
 
2001 est.
2004
2 026 000
9
0,00 %
2001 est.
2005
2 026 000
10
0,00 %
2001 est.
2006
2 060 000
9
1,68 %
2003 est.
2007
1 970 000
10
-4,37 %
2005 est.
2008
1 950 000
12
-1,02 %
2007 est.
2009
1 950 000
11
0,00 %
2007
2010
1 875 000
12
-3,85 %
2009 est.
2011
1 875 000
12
0,00 %
2009 est.

Consommation de produits pétroliers

Consommation de produits pétroliers
en millions de tonnes
e : donnée estimée.
r : données révisées.
Champ : marché intérieur, France.
Source : comité professionnel du pétrole (CPDP).
 
2008 (r)
2009
2009/08 (en %)
Gazole
32,8
32,9
0,2
Fioul domestique
14,2
13,6
-4,0
Carburants pour automobile
9,1
8,8
-3,8
dont super sans plomb 95
7,3
6,5
-10,7
Bases pétrochimie
9,5
(e) 8,7
-9,1
Fiouls lourds
2,8
2,6
-7,3
Carburéacteurs
6,6
6,1
-7,6
Gaz (GPL)
2,5
2,3
-6,7
Autres produits
6,0
6,0
-0,8
Total
83,5
(e) 80,9
-3,2
 

D'autres variétés de pétrole non conventionnelles sont également investiguées, telles que le charbon liquéfié, l'essence synthétique et les pétroles issus de la biomasse

 

II-III. Le gaz naturel :

 Le gaz naturel est un combustible fossile composé d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.

Avec 23 % de l'énergie consommée en 2005, le gaz naturel est la troisième source d'énergie la plus utilisée dans le monde après le pétrole (37 % en 2005) et le charbon (24 % en 2005). L'usage du gaz naturel dans l'industrie, les usages domestiques puis la production d'électricité, se développait rapidement depuis les années 1970.

 Environ 10%, soit 4 milliards de m3, de ce gaz naturel consommés en France proviennent d'Algérie.

Gaz conventionnel non associé

C'est la forme la plus exploitée de gaz naturel. Son processus de formation est similaire à celui du pétrole. Il alimente le marché international du gaz naturel et ses réseaux de transport par gazoducs et méthaniers.                                                                                                       Le gaz naturel traité, en vue d'être commercialisé, est incolore, inodore, insipide, sans forme particulière. Il contient entre 81 et 97 % de méthane. Il est moins dense que l'air : sa densité est de 0,6 par rapport à l'air et sa masse volumique est d'environ 0,8 kg·m-3. Il se présente sous sa forme gazeuse au-delà de -161 °C environ, à pression atmosphérique.

 D’autres types de gaz naturel sont aussi commercialisés :

Gaz associé : gaz présent en solution dans le pétrole

Gaz biogénique : issu de la fermentation par des bactéries de sédiments organiques.

Gaz de charbon : Le charbon contient naturellement du méthane et du dioxyde de carbone dans ses pores. Historiquement, ce gaz a surtout été connu pour la menace mortelle qu'il présente sur la sécurité des mineurs - il est alors resté dans la mémoire collective sous le nom de grisou. Cependant, son exploitation est en plein développement, en particulier aux États-Unis.

Gaz de schiste : Certains schistes contiennent aussi du méthane piégé dans leurs fissurations. Ce gaz est formé par la dégradation du kérogène présent. Le gaz est présent en faible concentration dans un énorme volume de roche, ce qui exige une technique spécifique. L’utilisation de produits toxiques risque de polluer les nappes phréatiques et le gouvernement a dû suspendre les explorations en France.

Hydrates : Les hydrates de méthane sont des structures de glace contenant du méthane prisonnier. Le volume de gaz existant sous cette forme est inconnu, et aucune technologie rentable ne permet actuellement d'exploiter ces ressources.

III. Les biocarburants :                                                                                 Carburant liquide issu de la transformation des matières végétales produites par l'agriculture (betterave, blé, mais, colza, tournesol, pomme de terre…). Les biocarburants sont assimilés à une source d’énergie renouvelable. Leur combustion ne produit que du CO2 et de la vapeur d'eau et pas ou peu d'oxydes azotés et soufrés (NOx, SOx).
Il existe deux filières de production de biocarburants : la filière de l’éthanol et la filière des esters :                                                                                                                                                                       • Incorporé dans les supercarburants, le bioéthanol                                                                      • Mélangés à du gazole, les esters méthyliques d’huile végétale

 IV. Ce qu’on peut en dire :

Non seulement les énergies fossiles sont des matières organiques combustibles dont les réserves sur Terre sont en voie d’épuisement, mais leur combustion libère du CO2 qui participe à l’effet de serre et au réchauffement climatique. Le SO2 n’apporte rien de bien meilleur…Cette baisse annoncée des ressources d’énergies fossiles amène à se tourner soit vers une production d’énergie nucléaire, qui peut entraîner d’autres formes de pollution ou avoir un impact sur la santé humaine (irradiations), ou des formes d’énergie renouvelables comme le vent, le soleil, la mer ou encore la terre mais qui fournissent peu d’énergie utilisable par l’homme. Quelles sont les relations qui existent entre les ressources énergétiques, leur mode d’utilisation et les impacts sur notre environnement, comment concilier l’augmentation continue des besoins en énergie avec un développement durable des activités humaines ?
A-t-on réellement favorisé les moyens de production autres que le nucléaire ou ce dernier n’occupe-t-il pas une place qui le rend incontournable voire intouchable ?

Les arguments développés par notre fournisseur institutionnel reposent essentiellement sur la sécurité du « service rendu ». Ce qui plait bien au président de la République qui élève au rang de « protectrice » de l’humanité l’industrie nucléaire. Certainement est-elle pourvoyeuse d’emplois et permet-elle une tarification avantageuse. Mais EDF se garde bien d’afficher le coût réel des implantations, de toutes les composantes de l’exploitation, du démantèlement et de la gestion des déchets Le nucléaire a la réputation d’être peu coûteux. C’est oublier de prendre en compte ses coûts cachés, qui sont payés par tous les Français, même s’ils ne figurent pas sur la facture d’électricité.

Prenons l’exemple du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cet organisme de recherche a bénéficié de 308 milliards de francs de subventions publiques sur les 405 milliards de francs de budget civil cumulé pour la période 1946-1992. Le programme nucléaire en est le principal bénéficiaire, puisqu’il monopolise plus de 90 % de ces budgets de recherche, contre seulement 1 % à 2 % pour les énergies renouvelables. Cela change beaucoup de choses !    Vous avez dit « transparence » ?

La Charte de l’environnement est un texte légal récemment entré dans la constitution de la république française.

Les points saillants de la Charte sont les suivants :

(1) Tout individu a le droit de vivre dans un « environnement équilibré et respectueux de sa santé »
(2) Les devoirs des individus et des pouvoirs publics envers la préservation de l’environnement
(3) La responsabilité écologique
(4) Le principe de précaution

Sont-ils respectés ?

AFP 02/05/2011 :

Le chantier de l'EPR de Flamanville, l'un des deux chantiers EPR les plus avancés dans le monde (l'autre se situant en Finlande), emploie quelque 3.400 personnes.EDF, le maître d'œuvre, a annoncé en juillet 2010 qu'il repoussait de deux ans, à 2014, la mise en service de ce réacteur que la France veut exporter, et avait relevé son coût à 5 milliards d'euros contre 3,3 milliards initialement. Il semble que sa fiabilité soit également mise en cause.

Fin mars André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait évoqué devant le Parlement la possibilité d'un moratoire sur la construction de l'EPR.

AFP - Publié le 02/05/2011 :

La chancelière allemande Angela Merkel a inauguré lundi le premier parc éolien en mer à usage commercial d'Allemagne, a constaté un photographe de l'AFP, alors que le pays fonde beaucoup d'espoir sur le vent pour pouvoir sortir plus vite du nucléaire.

On nous a expliqué qu’il faudrait 1260 éoliennes pour remplacer un réacteur nucléaire. Soit. Mais est-on condamné à consommer plus parce que ce n’est pas cher ? Je comprends bien que les publicités de votre hypermarché vous exhorte à consommer « malin », mais pourquoi laisser une ampoule allumée si elle n’a pas d’utilité et pourquoi laisser la porte donnant sur l’extérieur ouverte en hiver s’il fait froid ?                                                                              

Peut-être la « chasse au gaspi » apparait-elle à quelques-uns désuète, dénuée de sens puisque c’est si abordable…(je pense à ceux qui ne peuvent se nourrir correctement et tirent le diable par la queue). Alors je dis oui aux économies intelligentes et particulièrement celles de l’énergie mais aussi de l’eau. Pour laisser à nos descendants une planète régénérée parce qu’enfin respectée.

Les conclusions que j’en tire :

L’humain a vocation à habiter la Terre et il ne pourra le réaliser dans le temps que s’il l’a préservée. Il est fondé à utiliser ce que la nature lui offre pour son confort à condition qu’il ne dilapide pas les ressources à sa disposition. Le partage est le sentiment qui permet de vivre ensemble et qui enrichit collectivement. Il est doué pour effectuer des réalisations de plus en plus sophistiquées au fur-et-à mesure que les technologies avancent.

Ces avantages, engrangés au fil des siècles, ont aussi apporté la sagesse. A nous de bien l’utiliser et de la transmettre.

Bâtissons nos maisons en respectant les principes d’économie d’énergie : isolation, éclairage, matériel électroménager, choix du chauffage, etc…sans nous priver du confort. Utilisons ce que le soleil nous offre pour les éclairer ou chauffer l’eau

Utilisons le covoiturage autant de fois que ce sera possible, c’est la convivialité ! Consommons moins avec une conduite plus souple, c’est bon pour la planète et pour le portefeuille et c’est un plaisir renouvelable.

Faisons un effort pour consommer les produits de notre environnement direct, de notre région, ils seront plus frais et meilleurs et vous ferez plaisir à quelqu’un du voisinage, qui vous le rendra bien.

 Après tous ces « petits gestes » responsables, il nous restera à convaincre nos industriels et autres gouvernants – sans oublier les élus – de nous garantir une existence en plein accord avec la nature et respectueuse bien entendu de notre planète (qui ne nous empruntons à nos descendants…).

Toutes les énergies « propres » sont à notre disposition pour nos besoins réels : le vent (l’éolien), l’eau (l’hydraulique), le soleil (photovoltaïque, chauffe-eau), la terre (géothermie, puits canadien), la mer (éoliennes off-shore, marémotrices, hydroliennes), auxquels nous ajouterons la biomasse, le biogaz, les biocarburants et bientôt l’hydrogène. J’en passe…                                                        

Tout cela sans le risque nucléaire avec lequel nous devrons sans doute composer pendant quelques années encore, le temps d’assurer le transfert vers les énergies renouvelables. Mais nous veillerons à ce transfert en attendant d’appréhender un type d’énergie nucléaire plus acceptable (la fusion) lorsqu’il sera accessible.

Sans doute consommerons nous encore quelques pleins de gazole ou de super SP, mais les carburants de substitution, plus respectueux de notre environnement devraient se présenter sur le marché, pour peu qu’on les réclame !

Bon espoir.                                            

Quelle part pour le nucléaire dans le mix énergétique ? Développement raisonné d’une position de diminution progressive

Diane Segray, ingénieure, anime la commission énergie-environnement de la section PS Paris12ème et des réflexions sur le développement durable au sein de plusieurs thinks tanks progressistes

 

Le drame en cours à Fukushima[1] fait ressurgir le débat sur l’utilisation de l’énergie nucléaire en première ligne des discussions politiques et des préoccupations écologiques. Le recueillement et le soutien au peuple japonais, qui a perdu des dizaines de milliers de vies, ne sont pas incompatibles avec une prise de conscience des limites de nos propres choix de société. Sans enlever à l’urgence de l’aide aux populations ravagées par la catastrophe naturelle et menacées par la contamination radioactive, l’émergence de ce débat reste plus saine que son absence et nous devons souhaiter qu’il se poursuive.

 

D’autres actualités, moins tragiques, suscitaient déjà ces derniers mois des prises de parole répétées de l’opposition sur le thème de l’énergie[2] : une hausse du prix réglementé du gaz de 20% sur un an, des hausses attendues de 5% par an pendant au moins 5 ans du prix de l’électricité, des réglementations chaotiques[3] et désincitatives sur les énergies renouvelables, pendant que des forces écologistes saisissaient l’ARPP sur la dernière campagne de publicité d’Areva[4] et dénonçaient l’assimilation en cours à Bruxelles entre  « énergie décarbonnée » et « énergie renouvelable »[5].

 

La question énergétique est un prisme dont les facettes sont suffisamment multiples pour rendre les débats glissants et complexes : exportation d’une excellence industrielle, soucis de la prolifération militaire, recherche de l’indépendance énergétique, fiabilité de la sécurité nucléaire, prévention du changement climatique et protection du pouvoir d’achat, il est souvent difficile de savoir quels enjeux sont débattus car tous découlent effectivement des choix d’une politique énergétique. Même les deux questions « souhaite-t-on? » et « peut-on ?» sortir du nucléaire s'entrelacent inefficacement.

 

Et les tentatives de débats se sont effectivement avérées difficiles :

            - plusieurs associations[6] avaient quitté le débat public débuté fin 2005 et organisé par la Commission nationale du débat public à propos du réacteur nucléaire EPR (European Pressurised Reactor) de Flamanville, le jugeant tronqué et inutile après le vote du Parlement à l’été 2005 ;

            - alors que le Grenelle de l’Environnement a légiféré sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie, le sujet du nucléaire est exclu des discussions dès le lancement des Comités Opérationnels en 2007;

            - ces derniers jours le gouvernement réaffirme son plus grand soutien à la filière, cantonnant de facto le débat à des échanges médiatiques extérieurs.

 

 

I) ANGLES SAILLANTS DE LA QUESTION ENERGETIQUE

 

 

Quatre angles sont particulièrement saillants parmi les points d’achoppements : une force progressiste capable de les arbitrer dessinera un horizon énergétique durable et renouvelé pour la France.

 

 

1) Le choix entre les pollutions et les risques

 

Choisir l’asymptote d’un mix énergétique à l’échelle d’un pays, c’est choisir quels risques et quelles pollutions seront supportés par la population et devront être gérés et assumés, plus ou moins bien, par l’Etat. Et ce parmi plusieurs alternatives connues d’un bouquet d’énergies fossiles, d’énergie nucléaire et d’énergies renouvelables : émissions de gaz à effet de serre[7], stockage de déchets et matériaux radioactifs, dégradation de la qualité de l’air, perte de biodiversité, gestion du risque nucléaire, recyclage de métaux lourds, dégradation visuelle d’un paysage, etc ….sans compter les pollutions et les risques déportés dans des usines de production ou des sites d’extraction des minerais, loin de nos frontières et de nos yeux.

 

Alors que l’enjeu reste souvent confiné au subconscient d’une classe politique engagée dans la course aveugle de « réponse à la demande énergétique », cet arbitrage par la négative devient crucial tant les préoccupations environnementales et sanitaires des citoyens[8] sont fortes. Cette crise de l’acceptation des externalités, que cela soit pour monter un projet d’éoliennes ou pour ouvrir un site de stockage de déchets radioactifs dans sa commune[9], et de la confiance dans l’information sur leurs coûts, est aggravée par un gouvernement qui bloque toute pédagogie et cherche à maximiser la centralisation énergétique.

 

Pour l’atome la passion vient de l’inexistence d’une option médiane : on accepte le risque nucléaire ou on ne l’accepte pas, binairement, puis ce choix s’impose à tous. Or la passion n’a pas sa place: si la France a développé un programme nucléaire ambitieux en construisant une soixantaine de réacteurs en particulier dans les années 1970 et 1980[10] suite aux chocs pétroliers, c’est bien parce que le risque nucléaire est faible et que nous consacrons d’importants moyens[11] pour qu’il le demeure : caractérisé par une gravité élevée, on en rend l’occurrence très rare et les impacts maîtrisés…

 

Pourtant les évènements récents dans un Japon riche et développé montrent que des faits exceptionnels sont bien exceptionnellement graves. A l’échelle de la courte histoire mondiale de l’industrie nucléaire, décider que des dizaines de millions de personnes soient alimentées en électricité nucléaire[12] est en train de se transformer en une forme de résignation statistique qu’un accident grave transforme une zone habitée en désert radioactif tous les 15 à 20 ans dans le monde[13], pour l’instant hors de chez nous.

 

La question est de savoir si une force politique progressiste doit s’en accommoder et résister à un « effet Concorde »[14] . Nous devons aussi nous demander si la résilience sécuritaire du secteur nucléaire français est un gage de sérieux ou bien une fuite en avant. Quelque soit par ailleurs la quantité d’énergie consommée par la population et les moyens alloués à la gestion des risques, ne redécouvrons-nous pas à chaque génération que le risque zéro n’existe pas ?

 

 

2) Répondre aux besoins énergétiques de la population

 

            La question énergétique est également sensible car vitale : 2 milliards de personnes dans le monde ne disposent pas de l’accès à une énergie suffisante pour cuisiner sans risques d’asphyxie, conserver des aliments et des médicaments, s’éclairer pour étudier, etc. En France d’après l’Insee la facture énergétique dépasse 10% du budget familial de 3,4 millions de ménages, qui souvent cumulent la précarité énergétique à d’autres précarités sociales et environnementales (des logements mal isolés, peu salubres, au bord d’axes routiers bruyants, loin de transports en commun, etc.)[15]. Malgré les 8 ans d’existence de l’appel fondateur de l’association Négawatts, proposer de changer les habitudes pour économiser l’énergie est encore risquer d’évoquer une régression, un antiprogressisme décroissant, le fameux retour à la bougie…

 

            Une position durable et de gauche sur l’énergie doit donc répondre à ce paradoxe : enrayer la progression des consommations énergétiques, en particulier des bâtiments et des transports via d’importants changements des comportements et des secteurs professionnels concernés, tout en s’assurant, pour chacun, d’un accès juste et équitable aux services énergétiques, garants de progrès sanitaires et sociaux.

 

            Le nucléaire est-il indispensable pour ce faire ? Avec un peu plus de 75% de la production d’électricité d’origine nucléaire (ramené à la consommation finale totale d’énergie du pays cela représente un peu moins de 20%), la question en France ne se pose plus en ces termes : toute sortie envisagée du nucléaire sera bien plus longue et coûteuse qu’ailleurs. Hormis la question des risques, une sortie abrupte n’est donc pas souhaitable car elle favoriserait à court terme des centrales à énergies fossiles que nous ne possédons pas, polluantes, et dont le prix est erratique. Mais des exemples à l’étranger et des études récentes[16] esquissent la voie pour le long terme vers une sortie progressive : mettre l’accent stratégiquement sur toutes les énergies renouvelables en bouquet[17], les réseaux intelligents et les stockages d’énergie, et économiser l’énergie à toutes les étapes, doivent permettre de dessiner un horizon dépourvu des principaux risques (changement climatique, accident nucléaire) tout en assurant des services énergétiques équivalents à la population. Il devient chaque jour plus évident qu'il ne sera pas possible de résister à cette révolution, c’est à la France de décider la place qu’elle souhaite y prendre.[18]

           

 

3) La lutte des prix

 

On l’aura compris dans l’argumentaire médiatique des lobbys du nucléaire et dans celui du gouvernement, le nucléaire français est non seulement exceptionnellement sûr, mais il fournit aussi une électricité bon marché cruciale pour le « pouvoir d’achat ». Quand le prix du baril de pétrole erre régulièrement au-dessus des 100$, proposer une électricité 25%[19] plus bas que la moyenne européenne est effectivement un atout majeur de maîtrise de la facture des ménages et des entreprises. Alors que sur un déficit commercial total français de 51Mds€, 48Mds€ sont imputables à la facture énergétique, c'est bien ce « prix du kWh électrique » qui continue de focaliser l'ensemble des débats sur l'énergie.

 

A toute décision d'investir dans d'autres domaines énergétiques sont alors opposés les budgets publics en difficulté[20] . C'est ainsi que les énergies renouvelables se sont vues fin 2010 taxées de nombreux maux[21], responsables des augmentations des prix[22], et leurs incitations sont passées de la dénomination « fiscalité verte » à celle de « niche fiscale » en quelques mois. La fiscalité off shore est aujourd’hui bien plus réelle en France que l’éolien off shore[23]...

 

Ce business-as-usual du « tout nucléaire » sur le motif du prix du kWh serait légitime, a fortiori à gauche, s'il n'empêchait pas de constater, comme les débats sur la récente loi Nome[24] l'ont encore montré, que :

 

            a) il existe des incertitudes sur les coûts réels et complets du nucléaire. Cette énergie engloutit des sommes considérables[25] , assumées par la facture du consommateur quant à la construction et l’entretien du parc (la hausse future attendue vient entre autre du rattrapage d’un sous-investissement volontaire de 2/3 qui maintenait artificiellement un prix bas ces dernières décennies). Mais également financées par le contribuable pour la R&D[26], la garantie du risque et l’avance des prêts. Le mythe d’une décision de mix électrique sans coûts pour le contribuable n’existe pas.

En outre le nucléaire entre dans les turbulences de budgets difficiles à estimer : prolongement de leur durée de vie[27], remises à niveau de sûreté et de sécurité (notamment accrues après Fukushima), et coûts quasi-inconnus de démantèlement du parc[28]. Le rêve politique d’un prix de l’électricité à jamais bas, message social et économique fort des gouvernements successifs, vacille. Y répondre passe entre autre par la mise en place d’une péréquation tarifaire sociale plus forte : le prix de l’électricité augmentera bien, mais en épargnant les plus vulnérables et en surtarifant les consommations excessives.

 

 

            b) celles des énergies renouvelables considérées, en France, comme encore trop immatures pour être fortement incitées (photovoltaïque, éolien) connaissent des gains de productivité réguliers permettant d'espérer une parité réseau (égalité avec le prix du marché, sans aides) d'ici 5 à 15 ans[29]. L'attentisme français sur les énergies renouvelables, par rapport à ses voisins européens notamment[30], peut paraître tout autant judicieux (attitude de passager clandestin) ou néfaste (retard sur une filière d’avenir) pour cette même raison, force est de constater en tout cas que nous sommes pressés d’attendre pour saisir l’opportunité...

 

Il n'est budgétairement pas possible de mettre les énergies en doublons et la sortie de crise économique rendra nos marges de manœuvre d'autant plus faibles en 2012 : parler de l'avenir du nucléaire c'est donc bien décider le mix électrique dans son ensemble et arbitrer les investissements qui prépareront le mode de vie et la compétitivité de demain. Débattre des ENR sans débattre du nucléaire, comme le fit le Grenelle de l'Environnement, est donc au mieux un coup d’épée dans l’eau, au pire du greenwashing à tentative électorale.

 

 

4) la croissance et les emplois des énergies          

 

Défendue comme un fleuron industriel français, symbole de croisades commerciales exportatrices sarkoziennes plus ou moins victorieuses, l’énergie nucléaire est assurément une technologie de pointe où la pertinence à l’international de nos experts n’est plus à prouver. Cependant la particularité française, unique au monde, d’une électricité à 80% d’origine nucléaire, n’a pas seulement produit une singularité technique : elle a aussi engendré une singularité culturelle et des lobbys spécifiques qui brouillent le rôle du planificateur politique lorsqu’il tente de faire émerger les industries futures.

 

Alors que le nombre d’employés dans la filière nucléaire française est d’environ 100 000 personnes[31], différentes études prévoient au moins l’équivalent en emplois à moyen terme pour les ENR.[32] Concrètement et sur la seule filière photovoltaïque, l’Adème estimait qu’avaient été créés entre 2006 et 2009 plus de 8 000 emplois dont la moitié industriels, pour un chiffre d’affaires de 1,6 Mds€, et le SER annonçait 24 000 emplois en 2010[33] .

 

En période de chômage aigu, décourager comme le font les conservateurs les créations et les reconversions de ces secteurs qui aujourd’hui licencient, au motif abusif qu’une partie de leur matériel est importé[34] (motif inédit par rapport aux autres biens de consommation), est un gâchis dogmatique d’emplois et de croissance que nous devons dénoncer.

 

Le critère de la croissance et des emplois n’a donc aucune raison de jouer en défaveur d’un mix riche en énergies propres, bien au contraire. Le Grenelle des énergies renouvelables s’est transformé en Grenelle du clientélisme renouvelé, et devant la politique en chaud/froid du gouvernement qui déstabilise les investisseurs, il est besoin des forces de gauche pour porter fermement cette autre vision.

 

 

 

II) QUELLE DIRECTION PRENDRE

 

 

Hormis les 3x20 du paquet énergie-climat européen (passés en quelques mois entre les mains du gouvernement d’objectif plancher à objectif plafond), le secteur énergétique français est un secteur qui, si l’on doit miser sur autre chose que le tout nucléaire, navigue à vue. Les investisseurs innovants ont au contraire besoin d’un cap clair sur le mix énergétique souhaité à horizons 2030 voire 2050, et d’une réglementation stable pour y parvenir ; les citoyens eux doivent être accompagnés dans un changement en tout transparence.

 

 

1) quelle forme pour un débat sur le nucléaire ?

 

Les appels au référendum naissent de ce caractère binaire de l’acceptation du risque nucléaire, et de ce qu’il s’impose ensuite à tous. Mais la difficulté éprouvée de mener un débat sur l’atome nous met aussi en garde contre des sollicitations pressées. Si un tel vote n’est pas souhaitable sur le feu d’une émotion telle que celle produite par le drame japonais, en revanche l’effroi de voir pendant plusieurs semaines la contamination de centaines de milliers de personnes dépendre de la direction du vent est suffisamment rationnel pour accepter de lancer un large débat (par exemple sous la forme d’un moratoire comme en Allemagne), ou tout du moins pour accepter avec un minimum d’humilité de rééxaminer les engagements récents. Le gouvernement sarkozyste, droit dans ses bottes, semble lui préférer poursuivre un moratoire d’un autre âge sur l’énergie solaire…

 

Le rôle premier du politique est d’exiger que la question énergétique dans son ensemble soit rendue au débat public. C’est bien à la population, par les voies démocratiques, de choisir quels risques et quelles pollutions elle accepte de confier à l’Etat, au fil de l’avancement des technologies, des savoirs et des exigences : changement climatique, productivité des énergies alternatives, nouveaux modes de vie, etc. A quoi bon stigmatiser ces ingénieurs du Corps des Mines qui ont le pouvoir qu’on a bien voulu leur donner….leur expertise, précieuse pour gérer la redescente de l’Everest Nucléaire, ne doit en effet pas se substituer à un choix de société.

 

Pour que le débat soit correctement posé il faut aussi que la classe politique française dans son ensemble accepte un agnosticisme humble sur la question nucléaire : une vision internationale sur les choix d’horizons énergétiques possibles et une parfaite transparence des informations de l’ensemble du secteur sont des préalables permettant de rafraîchir les esprits.

 

Il existe ensuite plusieurs voies démocratiques, directes et indirectes, connues et déjà pratiquées de manière plus ou moins appliquée, pour débattre et décider : elles sont efficaces si elles ne sont pas tronquées. Associer les associations écologistes dans le suivi des coûts et des risques, ouvrir la gouvernance des autorités de contrôle, sont également des moyens d’améliorer l’indépendance des informations et l’acceptabilité des choix.

 

 

2) propositions concrètes pour un horizon énergétique durable et renouvelé

 

Finalement, la gauche n’a pas attendu Fukushima pour considérer le nucléaire comme une énergie de compromis, imparfaite mais « faute de mieux ». Malgré des émissions de gaz à effet de serre plus faibles que les énergies fossiles, une réaction d’emballement nucléaire devant être constamment ralentie et dont on sait au mieux concentrer les déchets (pour diminuer leur volume) devient forcément une transition quand se déploie le potentiel des énergies renouvelables. Il est aujourd’hui temps de proposer le chemin pour cette transition et l’alternative possible. Ce sera sans doute un thème clivant avec la droite lors des prochaines élections présidentielles : les 4 angles saillants abordés ci-dessus montrent qu’il ne sera pas besoin de « faire plaisir » aux écologistes pour adopter une position raisonnée et raisonnable.

 

 

Les propositions possibles du camp progressiste pourraient se décliner en 4 axes forts :

           

            a) la diminution du nucléaire :

                        - à court terme, une exigence accrue de transparence sur ses coûts, la sécurité et la sûreté (fermeture de certaines centrales), les risques de prolifération…[35] ;

                        - à moyen terme, quitter une hypertrophie nucléaire qui n’est pas un optimum économique ni énergétique[36]. Cela nécessitera des impulsions politiques fortes sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables (aujourd’hui handicapées par la surabondance nucléaire) pour à la fois atteindre les objectifs internationaux et européens ambitieux sur le changement climatique tout en dépassant un carbo-centrisme parfois opportuniste[37].

                        - à long terme préparer le défi du « post-nucléaire »[38], dont les modalités seront à préciser en cours de route en fonction des technologies disponibles et des marges de manœuvre économiques. Mais fixer des objectifs politiques chiffrés reste indispensable pour assurer au secteur un cadre clair et pérenne. La France doit enfin se rappeler que, même en asymptote, le « post-nucléaire » n'existera jamais : si ce n’est pour gérer les centrales à moyen terme, les déchets à vie longue et haute activité[39] nécessiteront à eux seuls de garder la compétence sur plusieurs siècles. 

 

            b) aller au-delà du consensus pour les énergies renouvelables, dont on doit viser une part plus importante à la fois dans l’électricité, la chaleur et les carburants (dans cette acception européenne du périmètre énergétique, la France en est à 12,4% en 2009). Cela signifie à court terme des arbitrages plus favorables dans les budgets de recherche et développement mais aussi d’assumer effectivement des investissements publics, comme pour les projets industriels victorieux du passé (aéronautique, ferroviaire, nucléaire) : ces secteurs stratégiques sont porteurs de retours différés en croissance et en avantages concurrentiels. A moyen terme l’intégration massive d’électricité renouvelable nécessite une gestion modernisée des réseaux de distribution et la révolution vers une gouvernance décentralisée de la production énergétique, à même de pallier certaines intermittences[40].

Pour que les outils - temporaires - de financement et d’incitation soient mieux compris et acceptés, ils devront gagner en lisibilité (identifier la part des seules ENR sur une facture plutôt que la CSPE), en exigences (critères évolutifs de qualité pour accéder aux aides, notamment sur des critères environnementaux et de performance, ACV des dernières générations de biocarburants) et en équité (péréquation plus forte entre des consommateurs aux besoins différents grâce à une tarification progressive de l’électricité). La gauche doit également reconquérir le courage réglementaire, abandonné à l’Europe, pour imposer rapidement des niveaux de production d’ENR à tout producteur d’énergie (certificats verts), et interdire tout système de production de chaleur non couplé à des ENR[41] : le secteur énergétique a les moyens d’assurer avec efficience son auto-reconversion, au politique de fixer le cap.

 

            c) l’Europe de l’énergie, une Europe de réseaux. Berceau de l’Europe, l’énergie doit redevenir une de ses nervures stratégiques. Cette Europe de l’énergie ne doit pas être une Europe de la production d’énergie mais une Europe des réseaux de transport d’énergie : non seulement pour assurer la sécurité d’approvisionnement de tous (dépendance au gaz Russe, etc.), mais également pour introduire une « solidarité carbone » de l’électricité en permettant notamment d’intégrer un maximum d’ENR dont les cycles se compenseront. Ses voisins allemands et espagnols investissant massivement dans l’électricité renouvelable, la France est particulièrement concernée.

 

            d) les économies d’énergie. Les ENR décentralisées, en soulageant les besoins d’énergies traditionnelles, sont une part de la solution pour la précarité énergétique. Mais investir dans l’énergie en oubliant la maîtrise de la demande énergétique c’est aussi remplir de sable un panier percé. Malgré le risque d’effets rebonds et les lourds investissements que cela représente, l’amélioration de l’efficacité énergétique de la France via un « plan de relance des négawatts » est incontournable et passera par les collectivités territoriales, qui ont montré leur capacité d’innovation et leur force de frappe[42].

La chasse aux gaspillages devrait être l’acte réflexe d’une société à l’énergie chère et comptée. Deux secteurs diffus, difficiles à atteindre, et dont la consommation a augmenté, doivent concentrer les efforts : les transports (34% des GES de la France en 2006 dont 94% dus au transport routier) et les bâtiments (43% de la consommation d’énergie en 2006). Pour offrir un cadre propice aux collectivités, les Réglementations Thermiques doivent être avancées pour le bâtiment, la politique foncière doit être réinvestie par la puissance publique visant un urbanisme polycentrique, les normes réduites pour tous les véhicules afin de faire émerger les nouvelles générations hybrides, etc…

Parmi l’arsenal d’outils de reconversion globale nous devons souhaiter le passage à une fiscalité environnementale, l’établissement de bonus-malus généralisés, l’éco-conditionnalité des aides publiques, des tarifs ENR préférentiels pour des territoires s’engageant dans des centrales négawatts ambitieuses ou le pari du 100% ENR, etc. Nous devrons inscrire dans la loi que toute aide à la consommation d’énergie (prime à la cuve etc.) se fera en contrepartie d’investissements de reconversion (économies d’énergie et énergies renouvelables).

  

Parce que d’autres modèles peuvent voir le jour, nous n’avons pas de raison de faire croire à l’opinion publique qu’elle doit se résoudre à l’éventualité de supporter des doses supérieures de radioactivité, comme actuellement les habitants de la région de Fukushima, pas plus que de se résoudre à absorber des pesticides, des perturbateurs endocriniens œstrogéniques, ou respirer des particules fines…

 

La mise en œuvre rapide de ce nouveau modèle de développement est aussi une responsabilité des pays développés envers les pays émergents, qui continuent de s’inspirer des modes de production et de consommation occidentaux menant globalement à l’échec climatique, environnemental et énergétique. La prise en compte des générations futures de ce siècle, pour le changement climatique comme pour la gestion de la radioactivité, est encore très insuffisante[43]

 




[1]              A l’heure où nous publions ce texte, les réacteurs 5 et 6 et leurs piscines sont considérés sous contrôle, de l’azote est injecté dans le réacteur 1 et envisagé dans les réacteurs 2 et 3 pour diminuer les risques d’explosion à l’hydrogène, la fuite d’eau fortement contaminée du réacteur n°2 a été colmatée, le pompage partiel des eaux est en cours, le refroidissement se fait par eau douce en circuit ouvert  (Bulletin IRSN du 20 Avril 2011)
[2]              Communiqués du secrétariat national du PS, articles et prises de paroles de Geneviève Fioraso, François Brottes (question à l’AN), Ségolène Royal, du Pôle Ecologique du Parti Socialiste, etc.
[3]              Rien qu’entre janvier et aout 2010 une dizaine de textes sont produits, redéfinissant, parfois rétrospectivement, les aides au photovoltaïque avant qu’elles soient partiellement gelées entre décembre 2010 et mars 2011 par un moratoire diminuant les tarifs d’achat et une discussion finalement prolongée pour les installations de plus de 100kW.
[4]              Plaintes rejetées par décision du 18 février 2011 du JDP, publiée le 7 mars
[5]              « Low carbon technologies » reprises dans le relevé de conclusions du Conseil européen de l’énergie du 4 février 2011
[6]              Greenpeace, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre, Agir pour l’Environnement, le Réseau Action Climat et le réseau Sortir du nucléaire
[7]              Le changement climatique a pratiquement constitué une opportunité pour les arguments de vente du nucléaire. En revanche dans les études internationales il n’est pas considéré à 0 carbone (le GIEC prend autour de 40g/kWh de moyenne) en ACV.
[8]              Selon les sondages dans les top 3 ou top 10 des préoccupations des français (BVA, TNS-Sofres, Harris Interactive, etc.)
[9]              Le syndrôme Nimby (not in my backyard): un inconvénient est compris comme nécessaire et accepté mais n’est admis que chez le voisin
[10]             La France est le pays le plus nucléarisé de l’union européenne avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites, le deuxième au monde après les Etats-Unis (104 réacteurs) et avant le Japon (54 réacteurs). C’est le plus nucléarisé du monde en part dans la production d’électricité du pays avec un peu plus de 75% (le deuxième est la Slovaquie avec 65%, loin devant les 35% du Japon et les 20% des Etats-Unis, source IAEA)
[11]             Annuellement autour de 60M€ pour l’ASN, 80M€ pour l’IRSN, 170M€ parmi les budgets du CEA, plus les coûts de remise à niveau de sûreté des centrales (plusieurs dizaines de milliards€ sur 20 ans), les surcoûts de l’EPR dédiés à des niveaux supplémentaires de protection
[12]             Dans le mix énergétique mondial, le nucléaire représente environ 6% de l’énergie consommée et 14% de la production d’électricité
[13]             Accidents majeurs : incendie de Sellafield (1957), accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island (1979), explosion de la centrale de Tchernobyl (1986), accident de la centrale japonaise de Fukushima (2011)
[14]             Le premier crash d’un Concorde le 25 juillet 2000 a conduit à l’arrêt de son exploitation par Air France
[15]             En France, 60 % des personnes qui sont exposées aux risques industriels habitent en Zone urbaine sensible.
[16]             Scénarios de « révolution énergétique » à 20 ou 30 ans de l’IEA, European Climat Foundation, Stanford, Price Water House Coopers, Greenpeace, WWF…qui sont entre 60 et 100% d’électricité voire d’énergie primaire à partir de sources renouvelables. Certaines régions se fixent des objectifs de cet ordre pour la consommation de leur territoire (ex. : Rhénanie-Palatinat en Allemagne, 20 000m2 pour 4 millions d’habitants, pour 2030 vise 100% électricité renouvelable en 2030 avec une étape à 40% dès 2017).
[17]             Toute question formulée comme une recherche de LA bonne énergie unique et mondiale est stérile et ne sert qu’à abaisser le niveau du débat.
[18]             En 2010 la France a investi 0.15% par point de PIB dans les énergies propres, soit 9 fois moins que l’Allemagne, 5 que la Chine, 2,5 fois moins que l’Espagne et 1,5 fois moins que les Etats-Unis. (« Who’s Winning the Clean Energy Race? 2010 Edition » du Pew Charitable Trusts)
[19]             Eurostat
[20]             En 2010 une dette à plus de 7% et un déficit public de plus de 80%
[21]             Michèle Bellon, présidente du directoire d’ERDF, au colloque de l’Union française de l’électricité le 22 juin 2010 s’était dite « assez inquiète » de «  la prolifération des panneaux photovoltaïques, qui pourrait se traduire par des coupures de courant»
[22]             La CSPE regroupe notamment le soutien aux énergies renouvelables (via le tarif d’achat) et la péréquation tarifaire avec la Corse et les Dom. Le photovoltaïque représente en 2010 5,7% du total de la CSPE, elle-même représente environ 5% d’une facture d’électricité moyenne pour un français. Sur une facture annuelle d’un ménage de 700€ (environ 5MWh, sans chauffage électrique) cela fait selon les hypothèses entre 14 et 42€/an de soutien aux ENR en 2013. L’équivalent-CSPE allemande était en 2011 à environ 175€/an pour ce même foyer.
[23]             Echec du premier appel d’offres sur l’éolien off shore en 2004 (relancé en 2010)
[24]             Loi sur la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité
[25]             Constitution du parc nucléaire : 123MDs€ d’investissements (Sénat 1998), dont 77MDs€ publics (Minefi)
[26]             Estimation Wise-Paris 1998, environ 1000M€ annuels de R&D dont 700M€ du CEA. D’après le GIEC (AIE) en 2003 le nucléaire captait encore la majorité des budgets de R&D énergie :
[27]             Plusieurs dizaines de milliards d’euros d’ici 20 ans (500 à 1 000M€ pour le passage de 40 à 60 ans d’un réacteur). La rente nucléaire (ie le dépassement du TRI des centrales) fait qu’en Allemagne le prolongement initialement prévu de la durée de vie des centrales s’accompagnait d’une taxation spécifique du nucléaire pour financer les ENR.
[28]         EDF avait évalué le coût total du démantèlement à 23Mds€, la Cour des Comptes à 38Mds€ en 2005. L’extrapolation des prévisions anglaises (2.9Mds/réacteur) ou suédoises (entre 2 et 3,5Mds€/réacteur) donne entre 100 et 200Mds€, le prix américain (210M€/réacteur, ils ont 104 réacteurs) étant plus proche du français. Le démantèlement de Brennilis (70MW de puissance) a un coût actuel de 500 millions d’euros contre 50 millions estimés à l’origine. (CLepage, EMorin)
[29]             Selon le potentiel naturel de la zone géographique, le prix de l’électricité non renouvelable, l’état de la filière…
[30]             Nos 511MW de photovoltaïque installés en 2009, et notre objectif pour 2020 à 5 400MW, sont très loin des 51 000MW allemands (10 000 MW aujourd'hui) ou du volontarisme chinois (20 000MW à même horizon). Nous avons par ailleurs en 2010 5 000 MW de puissance éolienne installée contre 26 000MW en Allemagne et 20 000MW en Espagne et nous avons l’objectif d’en avoir 25 000MW en 2020 contre 70 000MW en Allemagne, 35 000MW en Espagne et 140 000MW aux Etats-Unis. La Chine a continuellement relevé son objectif pour 2020, aujourd’hui fixé à 127 800MW. Pour le solaire thermique, un enjeu strictement lié au bâtiment, la France disposait en 2008 de 2,2km2 de capteurs thermiques contre 8km2 en Allemagne (145km2 en Chine).
[31]             Rapport AN CBataille et RGalley. En incluant les emplois indirects, entre 120 000 et 200 000 (Roussely)
[32]             L’Adème prévoyait autant d’emplois directs à court terme dans les énergies renouvelables, hors hydraulique, pour un marché annuel de 24Mds€.Dans un référentiel comptant seulement 20 000 salariés en 2007 pour le nucléaire, l’étude Syndex prévoit la création de 50 000 emplois ENR et chauffage en 2020. Le Conseil d’Orientation pour l’emploi en 2010 reprend les chiffres de 200 000 emplois créés calculés pour le Grenelle, et le CIRED pour WWF prévoit 316 000 emplois directs et indirects sur les ENR en retranchant les empois détruits.
[33]             6.700 salariés dans la production industrielle (modules, câbles, cellules, onduleurs…), près d’un millier dans la recherche en laboratoire et plus de 16.000 dans l’installation et l’ingénierie
[34]             Chiffres d’importations du Ministère des finances 2010 : Import : 1 998M€, dont 787M€ d’Europe (dont 508M€ d’Allemagne), 509 M€ Chine (seulement un quart), 249 M€ Malaisie, 128M€ US. Soit 2,9% du déficit commercial de la France, loin des « fortes proportions du déficit » causé par le solaire selon NKM. En outre le rapport BIPE souligne que 75% de la valeur ajoutée des projets solaires va à des entreprises et salariés français, le coût du panneau n’étant qu’un quart du montant global de l’installation. D’après le SER, l’activité d'encapsulation qui compte pour près de 40 % de la valeur finale du panneau est réalisée à près de 60 % par les treize fabricants français de panneaux.
 
[35]             (Le Monde) propositions pour une meilleure gouvernance internationale : liste noire des pays auxquels ne pas vendre l’énergie nucléaire (risques de prolifération), possibilité d’auto-saisine d’une autorité internationale en cas d’accident pour mobiliser de l’aide technique, etc.
[36]             Solutions industrielles surdimensionnées par rapport à la majorité du marché international, production supérieure à la base mais ne pouvant répondre aux pointes, part du parc à l’arrêt (disponibilité de 10 points inférieure à celle des USA), etc.
[37]             Carbo-centrisme : réduire les questions environnementales à la seule question du carbone
[38]             DSK dans son programme pour la France «Les 15 premières solutions» en janvier 2006 : « La France a fait dans les années 50 le pari du nucléaire et elle a réussi. Elle doit aujourd’hui faire le pari du post-nucléaire et le réussir. »
[39]             La Cour des Comptes (chiffres Andra) estime qu’il y aura en 2020 3 600m3 de déchets radioactifs haute activité vie longue stockés ou entreposés et 54 000m3 de déchets moyenne activité vie longue.
[40]             Intercorrélation plus forte des réseaux (heures de pointes, heures de vents qui se complètent), compensation des différents types d’énergies entre elles (biomasse et stockage hydraulique comblent l’éolien intermittent et le solaire cyclique : ex. du Kombikraftwerk allemand), gestion d’un portefeuille de consommateurs pros mobilisables pour l’ajustement, consommation régulée par des compteurs intelligents, etc.
[41]             30% de l’énergie dépensée en France sert au chauffage des bâtiments alors même qu’on sait construire des bâtiments (neufs) à énergie positive. 30% des logements sont chauffés à l’électricité : accentuation des pointes et pertes importantes en effet joule (12% des logements sont concernés en Allemagne)
[42]             D’après l’Assemblée des Régions d’Europe à Copenhague, les régions ont pour rôle de mettre en œuvre 50 à 70% des mesures d'atténuation et d'adaptation au changement climatique (PNUE). Les collectivités réalisent par ailleurs 70% de l’investissement public (autour de 50Mds€/an).
[43]             Bien que présente dans la Charte de l’environnement notamment, adossée à la Constitution en 2005

Décider de sortir du nucléaire,c’est montrer le cap d’une civilisation adaptée aux défis de notre siècle

Je voudrais à mon tour entrer dans le débat, après avoir eu déjà l’occasion d’intervenir sur ce sujet et de présenter une analyse. C’était avant Fukushima. Nul n’était sous le choc de cette émotion invoquée de façon récurrente par ceux pour qui la rationalité scientifique serait une Vérité absolue, malheureusement-mise-en-péril-par-les-opinionsde- populations-très-mal-informées-par-des-médias-ascientifiques. Je me suis d’ailleurs exprimé sur le sujet énergétique à diverses reprises1 à titre personnel ou professionnel durant les dernières années, à l’abri des émotions. Mes positions sont publiques et datées.

Je crois profondément que le XXIème siècle sera celui de la transition des énergies de stock (fossiles et fissiles) vers des énergies de flux (soleil, vent, biomasse, hydraulique, géothermie). Notre situation actuelle est une parenthèse historique qui nous aura amené à consommer de façon prédatrice, durant quelques générations, des ressources qui ont été produites durant des millions d’années, et cela au prix de la destruction irrémédiable de la biosphère. Le tout en pratiquant une politique d’apartheid économique au niveau mondial, les pays industrialisés consommant 75% des ressources énergétiques pour une population de 25%. Ce temps est révolu et sans alternative démocratique, la guerre et la barbarie risquent de frapper à nos portes. La question qui nous occupe dépasse donc largement la question nucléaire, même si celle-ci, qui est quantitativement marginale au niveau mondiale et le restera, occupe une place centrale dans ce qui forme la pensée énergétique, en particulier dans notre pays. La question énergétique est une question de civilisation bien avant d’être une question technique. Ce n’est pas nier la nécessité de la science et de la technique que de l’affirmer. Je suis contraint de me limiter à quelques points, tant le champ est vaste.

 

Le nucléaire est quantitativement marginal et le restera

Au niveau mondial, le nucléaire fournit 3,2% des consommations énergétiques finales (en France17%) et environ 7% de l’énergie primaire2. L’Agence Internationale de l’énergie (AIE), pourtantfavorable au développement de cette énergie indique que, dans la perspective la plus favorable, letaux de fourniture en 2030 serait de …. 7%3. Si l’on s’en tient à la production d’électricité, lacontribution du nucléaire est de 16% au plan mondial et environ 76% au plan national. Ainsi, la Franceest dans une situation particulière qui ne doit pas masquer la réalité du sujet à l’échelle mondiale.

 

Gaz à effet de serre

La question climatique est incontournable : elle est, avec la rareté des ressources énergétiques (et d’eau), un sujet essentiel qui interroge l’humanité quant à sa survie. Il est exact que la production d’électricité 4 n’émet pas de gaz à effet de serre (ou de façon marginale), comme cela est d’ailleurs le cas de toutes les énergies renouvelables. C’est ce qui explique que la France est plutôt bien placée en termes d’émissions par habitant ou unité de PIB. Ainsi la France se présente au monde comme un ‘’modèle’’ en ce domaine.

En quoi ce ‘’modèle’’ pourrait-il être étendu en tant que réponse au changement climatique ? Raisonnons par l’absurde. Supposons un monde en 2050 qui serait la situation française en 2010 : même niveau de développement, même niveau de consommation d’électricité par habitant, même proportion de nucléaire dans la production d’électricité. Avec 9 milliards d’habitants estimés, le nombre de réacteurs nucléaires devrait être à cette époque de 90005. Cela signifierait la construction de 225 réacteurs par an, soit un réacteur chaque 39 heures, scénario que personne ne retient bien évidemment. Les plus ‘’optimistes’’ prévoient la construction de 430 réacteurs avant 2030, dont plus de la moitié pour remplacer les réacteurs anciens.

Avec ce scénario ‘’extension du modèle français au monde entier’’, nous n’aurions résolu que 16% du problème, puisque 84% des consommations énergétique du monde ne sont pas de l’électricité et émettent des gaz à effet de serre pour le transport, la production de chaleur, etc. Il faut donc éviter de faire l’équation énergie = électricité = nucléaire comme nous le faisons trop souvent ! La solution nucléaire peut donc être un instrument pour lutter contre le changement climatique, mais dans une proportion limitée, qu’il faut mettre en regard d’autres solutions alternatives (économies d’énergie, énergies renouvelables, cogénération, etc.). Il ne faut donc pas confondre l’impact sur les chiffres de l’exportation de quelques réacteurs français supplémentaires (ce qui peut multiplier par 3 ou 4 un chiffre d’affaire) avec leur impact sur le changement climatique (de l’ordre de la décimale). Ces chiffres sont connus de tous, mais on se fait balader en permanence ! N’a-t-on pas parlé de ‘’marché du siècle’’ quand la France a vendu 2 réacteurs à la Chine ?

 

Les limites de la solution nucléaire

Le scénario ci-dessus, même s’il devait ne se réaliser qu’à 50% ou même 25% se heurterait à une série de contraintes irrémédiables qui le rendent absolument irréaliste : ressources en uranium, déchets, prolifération, risques de terrorisme, probabilité d’accidents majeurs, etc. Il est un fait qu’aucune civilisation a connu une durée de vie supérieure – en encore moins un état de paix - à la durée de vie de déchets nucléaires. La très haute qualité des ingénieurs qui s’emploient à limiter ces risques au maximum n’est bien sûr pas en cause. Mais je ne me sens pas rassuré par le fait selon lequel le plutonium ‘’produit et aussi utilisé (Mox) dans les centrales nucléaires (le 239)’’, a une ‘’période de vie de 24100 ans’’ (demivie: au bout de cette durée, la moitié a été transformée). Et je le suis encore moins quand il écrit, croyant sans doute rassurer qu’il n’y aurait ‘’jamais eu de ‘’certitude’’ dans l'appréciation des scientifiques sur la sûreté des installations nucléaires, mais des probabilités raisonnées, qui ne nient pas la possibilité d'accidents mais au contraire essaient de fournir des estimations quantitatives et surtout de prévoir les mesures à prendre en cas d'occurrence d'un tel événement’’. Quand on sait les conséquences d’un seul accident, cela fait froid dans le dos, et je me prendrais vite à préférer les discussions qualifiées par lui de ‘’coin de bar’’ (c’est-à-dire entre nonscientifiques, si j’ai bien compris) qui s’avèreraient tout à coup frappées du coin du bon sens. Quant à la fameuse ‘‘indépendance énergétique française’’ également invoquée, elle est surtout un leurre. La totalité de l’uranium est importée, en particulier du Niger maintenu dans un état de dénuement extrême.

Selon une étude publiée début 20116, ‘’si l’on s’en tient, comme le font traditionnellement en France les gouvernements successifs, à une définition de la production nationale d’énergie incluant l’électricité nucléaire, même si l’uranium est totalement importé, la France peut s’enorgueillir d’un taux d’indépendance énergétique7 de 51% contre 41% pour l’Allemagne en 2009. Si l’on prend en compte le fait que l’uranium utilisé dans les deux pays est entièrement importé les taux d’indépendance respectifs tombent à 9% pour la France et à 30% pour l’Allemagne, qui, il est vrai utilise encore beaucoup de charbon pour la production d’électricité’’.

 

Coût et prix de l’électricité

Les chiffres ci-dessus concernent le prix de l’électricité pour les ménages, avec et sans taxes (et sans les primes fixes d’abonnement). Avec 12,56 €cents/kWh, le prix est nettement plus faible qu’en Allemagne (24 €cents) – qui a décidé de sortir du nucléaire et dispose maintenant d’une production en renouvelable (18,1%) proche du nucléaire (22,6%)8 ou au Danemark (27 €cents) , mais l’écart s’explique essentiellement par le niveau des taxes, ces deux derniers pays dissuadant l’usage de l’électricité, notamment pour le chauffage, alors qu’en France le chauffage électrique a été encouragé à cause du nucléaire. La hausse de 30% demandée par EDF amènera les prix HT français à des prix proches de ceux de l’Allemagne9 ou du Danemark. Quand les coûts de démantèlement10 des centrales et de gestion des déchets11 seront intégrés et que les installations nucléaires ‘’historiques’’ amorties auront cessé de produire, les prix s’envoleront. Le coût de l’EPR en cours de construction par AREVA en Finlande est passé de 3 Mds€ à probablement 6,7 Mds€ avec les pénalités de retard (c’est le premier de la série et n’étant pas terminé, il n’a toujours pas produit un seul kWh, le coût de celui-ci est donc inconnu). Le coût du kWh nucléaire est surtout l’amortissement de l’investissement. Celui-ci va encore s’accroître avec de la sécurité supplémentaire On s’apercevra alors qu’il sera proche de celui de l’éolien dont le prix ne cesse de décroître… Tout cela pour ça ! Cela étant, et en particulier grâce à cette politique fiscale, l’évolution des consommations par habitant en Allemagne (voir ci dessous), pourtant beaucoup plus industrialisée que la France, ont été nettement plus faible et la quantité d’électricité consommée y est très sensiblement inférieure. Et à la fin, ce que paie le consommateur, c’est une quantité multipliée par un prix !

 

Risques, profit et démocratie

Un autre argument avancé, bien en cours à la CGT Energie et donc dans la gauche française12, serait que la course au profit serait l’explication principale du risque. C’est très certainement un facteur supplémentaire. Mais n’oublions pas que le principal accident a eu lieu à Tchernobyl en un temps et un lieu où le profit ne guidait pas les décisions. C’est plus largement l’absence de démocratie qui semble être le principal facteur de risque. Or, il apparaît que le nucléaire est peu compatible avec la démocratie, quel que soit le pays, comme on le voit à nouveau au Japon. Le fait qu’il existe des risques, qu’il s’agisse d’une technologie complexe que seuls des spécialistes seraient capables de comprendre et que le lien avec le secteur militaire soit très étroit, tout cela concours à une non transparence qui est une sorte de péché originel du nucléaire.

Ce sont les ONG qui partout sont les alerteurs de problèmes. Là où elles existent… Ce sont aussi les écologistes qui ont alerté sur toutes les questions de raréfaction des ressources, de la destruction desécosystèmes et de la biosphère, mis en garde contre les risques de nombreuses illusions technologiques et les impasses de notre mode de développement13. En conséquence, le programme électronucléaire français, le plus important au monde, a été décidé en février 1974 dans une période perturbée : 4 mois après la guerre du Kippour (et le premier choc pétrolier) et 2 mois avant la mort de Pompidou, sans même une information du Parlement. Alors quand je lis que l’abandon – heureux selon moi – du surgénérateur de Malville qui aurait été décidé sous la ‘’pression écologiste’’, ‘’sans aucun débat démocratique’’ cela fait sourire. Au moins pour cette décision, le Parlement aura voté ! On aura en revanche en mémoire les débats longs et passionnés au Parlement qui ont abouti à réduire l’éolien à la portion congrue… Deux poids deux mesures ! Il en va de même au plan européen : le Traité Euratom a été signé de façon séparée le même jour que le Traité de Rome, lequel s’est transformé au fil du temps en Traité de Lisbonne. Cela signifie que le nucléaire en Europe ne peut être discuté au Parlement européen parce que ce domaine échappe aux institutions…

Alors que la construction des EPR (dont on parle abondamment mais qui ne fonctionne encore nulle part) rencontre des problèmes techniques et financiers considérables, en France comme en Finlande, le Directeur adjoint de l’Energie et du Climat n’hésite pas à dire que ‘’la construction des EPR se passe notamment très bien en Chine.’’ Personne ne démentira… et pour cause. Quant au projet ITER, qui concerne cette fois la fusion (et non la fission) en cours de construction à Cadarache, il n’a jamais été discuté dans aucune instance y compris les instances d’évaluation scientifique. Projet purement politique destiné à réunir une série d’Etat après la guerre froide, son budget a explosé dès la phase du terrassement : initialement estimé à 6 milliards d’euros, le budget d’ITER a été doublé, atteignant ainsi 16 milliards d’euros, la direction du programme justifiant notamment cette augmentation par le fait que Cadarache se situe dans une zone sismique. Les budgets publics de recherche, européens comme français se serrent la ceinture pour ce projet ! Aucun kWh n’est en vue avant 2050 ! Pourtant, ce sont des solutions urgentes dont nous avons besoin.

 

Energies renouvelables : vers les 100% ?

Les tendances observées dans plusieurs pays, et notamment ceux qui ont renoncé au nucléaire, sont nettes : la part des énergies renouvelables s’accroit de façon très importante et une vision de 100% d’énergies renouvelables durant ce siècle est de l’ordre du possible (et sera de toute façon de l’ordre du nécessaire). Cela implique bien sûr qu’un horizon soit fixé pour donner à la société, aux entreprises, aux citoyens et à tous les maîtres d’ouvrage des signaux clairs et pérennes pour orienter leurs décisions vers des alternatives comme cela se passe dans plusieurs pays. Le nucléaire en France, avec les arguments ‘’prix’’ qui n’ont plus que quelques années à vivre, asphyxie toute alternative, au motif que ‘’comparés aux coûts de notre énergie nucléaire’’ rien ne serait efficient économiquement. Il y a 12 ans, le Parlement européen fixait un objectif de 15% d’énergies renouvelables pour 2020. Quelques années plus tard, ce fut 20% et l’Union européenne en a fait son objectif. Tout porte à croire que, au-delà des espérances, ces chiffres seront dépassés. Il ne s’agit donc pas de ‘’délires d’écologistes’’ mais de réalités que chacun peut constater.14.

Les installations éoliennes off-shore les plus récentes ont des puissances 200 à 630 MW (c’est-àdire 1/2 centrale nucléaire pour la plus importante en construction au Royaume-Uni) et le marché mondial s’envole comme le montre le graphique ci-dessous. La puissance installée était en 2009 de 157 000 MW, c’est-à-dire l’équivalent de plus 100 centrales nucléaires. On est donc loin de la marginalité. Et cela avec des solutions réversibles, sans atteintes aux écosystèmes, sans déchets ni risques radioactifs ! Bien sûr la disponibilité n’est pas de 100%, mais il y a encore 10 mois, 12 réacteurs français sur 57 étaient à l’arrêt !

‘’Le rêve de la production locale de toute l'énergie, notamment sous forme électrique, dont nous avons besoin (et même si nous limitons ces besoins) me semble bien garder son statut d'utopie’’’, écritFrançois Jardat. Qui aurait dit que TOUTE l’énergie électrique devait être produitelocalement, sans interconnexions électriques, etc. ? Personne à mon avis. Mais de là à considérer lespossibilités comme marginales, quand le Danemark produit localement 85% de son électricité(cogénération + éolien), c’est ne pas faire preuve de l’ouverture indispensable à l’invention desolutions nouvelles, à grande échelle, et non marginales. Vive l’utopie !

Le système énergétique futur reposera sur la recherche de solutions au plus près des citoyens et des problèmes à résoudre. Cela implique de mobiliser de façon systématique et intégrée les potentiels énergétiques à disposition localement, à savoir : 1) le potentiel d’efficacité et d’économie d’énergie des territoires; 2) les ressources énergétiques renouvelables (pour la chaleur comme pour l’électricité) décentralisées disponibles localement puis, 3) de façon concentrique, l’approvisionnement exogène complémentaire. Je nomme ce concept la ‘’subsidiarité énergétique’’. Il participe de la reresponsabilisation des territoires, des acteurs économiques et des citoyens vis-à-vis de leur approvisionnement énergétique. Il favorise la démocratie énergétique (au niveau local), impossible à réaliser tant dans les approvisionnements pétroliers et gaziers (au niveau global) ou nucléaire!

Conclusions

C’est l’évidence que deux systèmes (centralisés et décentralisés, mais imbriqués l’un avec l’autre) vont cohabiter pendant une période assez longue et que les besoins de l’industrie d’aluminium ne vont pas être satisfaits par des capteurs photovoltaïques. C’est le propre de toute transition de faire cohabiter l’ancien et le nouveau, et la transition énergétique prendra du temps. Raison de plus pour nous y engager au plus tôt. Ce doit devenir une stratégie européenne, et il y a de nombreux signes positifs en cette direction. Cependant, tant que l’illusion nucléaire demeurera, ce chemin restera bloqué en tant que stratégie, et seulement toléré à titre marginal. C’est pourquoi le signal politique de sa sortie doit être donné sans ambigüité. Il y a donc matière à de bons - et animés – débats. Des camarades ont lancé un site pour en Débattre :http://psnucleaire.org/psnucleaire.org/Accueil.html

La fée électricité : pour quelle utilisation ?

La génération d’électricité est réalisée dans sa grande généralité à partir d’énergie mécanique (turbine) issue d’énergie thermique (chaudière). Ce cycle de fabrication a un rendement, pour faire simple disons que pour obtenir 1 kW électrique on rejette dans la nature 2 kW à basse température (~35°c).

Examinons maintenant la situation de la France compte-tenu de son parc nucléaire et du développement intensif du chauffage électrique des logements (~80% des logements neufs).

Puissance installée. GW
2010
Production electricité.TWh
2010
Type d’énergie
63,1
407,9
Nucléaire
 7,9
 19,1
Charbon
10,4
    7,9
Fuel
   9
 30
Gaz
25,4
 68
Hydraulique
 5,6
    9,6
Eolien
 0,8
    0,6
Photovoltaïque
 1,2
    4,8
Autres énergies renouvelables
123,4 GW
547,9 TWh
TOTAL
 

Production d’énergie: TWh= Téra wattheure=mille milliards de Wh=milliard de kWh

Puissance installée : GW=gigawatt=milliard de watts=million de kilowatts

La puissance installée est à rapprochée des records hivernaux de puissance appelée : 93,08 GW le 11/02/2010, soit environ 75% du parc installé, écart lié à la disponibilité des centrales pour entretien et à celle des énergies.

On estime la consommation du chauffage électrique environ 10% de la production totale, soit 55 TWh.

La vraie problématique du chauffage électrique est qu’il régit la puissance installée compte-tenu de son temps de fonctionnement limité (~2000h/an à pleine charge). C’est donc lui qui dimensionne le parc des centrales pour satisfaire les pointes de consommation électriques d’hiver. La puissance installée nécessaire au chauffage électrique est voisine de 30 GW.

Les faibles temps de fonctionnement obligent à utiliser des énergies fossiles et en particulier du gaz. Là le système devient aberrant, car on brule du gaz avec un rendement de 30% par le biais de l’électricité, alors qu’avec une chaudière il serait de 90%.

Le système n’est pas neutre non plus vis-à-vis des gaz à effet de serre (500 grCO2/kWh) .

Il est grand temps d’arrêter cette dérive, liée à une recherche toujours accrue de l’utilisation de l’énergie nucléaire, le tableau ci-dessous en est une bonne illustration.

Consommation finale d’électricité. TWh
1973
2007
Sidérurgie
12
 12
Industrie (hors sidérurgie)
72
123
Résidentiel, Tertiaire
59
286
Agriculture
 1
    3
Transports urbains, ferroviaires
 6
 12
TOTAL
150 TWh
434 TWh

Coût de l'énergie photovoltaïque et choix gouvernementaux


       Le gouvernement a décidé de diminuer de moitié le crédit d’impôt accordé sur les installations photovoltaïques des particuliers. Ce dernier avait néanmoins permis un accroissement des investissements dans le photovoltaïque.

          A l’origine de cette décision, un rapport récent de l’Inspection Générale des Finances, selon lequel le photovoltaïque représente un « risque financier majeur » :

  • coût élevé de la production (200 euros par MWh, contre 70 pour l’éolien terrestre et 60 pour l’hydroélectricité
  • niches fiscales
    • crédit d’impôt développement durable : 350 Meuros en 2009
    • défiscalisation de 75% de l’impôt sur la fortune en cas d’investissement dans les PME dont l’activité porte sur des produits liés à un mécanisme d’obligation d’achat
  • développement insuffisant de la filière en France pour la production d’équipement, qui conduit à aggraver le déficit de la balance commerciale de 800 millions d’euros en 2009 (soit 2% du déficit commercial)
  • coût du rachat par EDF payé par le consommateur, par le biais de la Contribution au service public de l’électricité.

 

Le rapport propose plusieurs pistes pour diminuer ces coûts

  • positionner les entreprises françaises sur le secteur, au vu de son potentiel en France et dans le monde, notamment en aidant à la mise en réseau des PME du secteur
  • prévoir un plan d’action global, avec des outils de régulation et une stratégie industrielle, en même temps qu’une baisse des tarifs
  • supprimer le bénéfice du crédit d’impôt et sortir la filière photovoltaïque du dispositif ISF-PME, en tenant compte des projets mise en place depuis 2009 pour pouvoir ajuster la baisse des tarifs
  • revoir les objectifs quantitatifs en fonction des objectifs globaux en matière d’énergies renouvelables à l’horizon 2020, en tenant compte des progrès techniques de ces prochaines années qui diminueront le coût de production
  • privilégier les appels d’offre pour la construction des centrales au sol, afin d’aboutir à une programmation pluriannuelle, adaptée aux besoins
  • promouvoir le secteur R&D dans le secteur photovoltaïque pour les filières de 2ème et 3ème générations.

Ces propositions ne posent pas la question centrale (et première) sur l’insertion de la production photovoltaïque dans le réseau énergétique national : s’agit-il d’une production à visée locale ou nationale ? le particulier qui produit de l’électricité doit-il produire pour lui et vendre son surplus, ou pour constituer un maillon de production de la chaîne énergétique de façon à réduire la centralisation de cette production ?


Elles constituent néanmoins une réponse globale aux problèmes de coûts posés par le photovoltaïque, en intégrant les aspects sociaux (coût élevé de cette énergie pour le consommateur à travers la CSPE) et économiques (absence de filière française, ce qui a également des conséquences en terme d’emplois).

On ne peut donc que déplorer le choix fait par le gouvernement à la réception de ce rapport : au lieux d’annoncer une stratégie globale sur le photovoltaïque permettant à moyen terme un redressement de la balance commerciale dans le secteur, une augmentation des crédits recherches ou même une orientation d’OSEO vers une mise en réseau des PME du secteur (ce qui ne coûterait pas bien cher), la seule proposition retenue a été la baisse des tarifs et la remise en cause du crédit d’impôt développement durable.

Du point de vue budgétaire, le rapport de l’IGF avançait pourtant deux pistes conjointes : l’annulation du crédit d’impôt ET la fin du dispositif ISF-PME pour la filière.

Or le gouvernement a choisi de ne pas remettre en cause ce dispositif. Il est vrai que le rapport ne donne pas de chiffre sur le coût de ce dispositif. Mais celui qui est donné pour le crédit d’impôt implique une baisse des dépenses de l’Etat de… 175 millions d’euros. C’est déjà ça de gagné, mais ce n’est franchement pas grand-chose. Le dispositif ISF-PME, lui, permet un retour sur investissement de 35%. Mais, évidemment, le remettre en cause risquerait de froisser l’électorat potentiel de M. Sarkozy.

Tandis qu’afficher clairement la fin du crédit d’impôt développement durable, c’est tellement dans l’air du temps gouvernemental…

 

 

Pour une vraie révolution agricole et alimentaire

 

                                               La manière dont l'humanité se nourri et s'alimente en pétrole définira en grande partie ce que sera le développement au 21e siècle, il sera soit plus durable, soit une impasse pour des milliards de personnes Bruxelles juin 2010, Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)

 

Désespérant! Encore une fois le PS passe à côté de la question agricole, l'objet de l'atelier 9 sur la "voix du monde rural" étant bien trop restreint. Ainsi donc le sport fait l’objet d’un atelier spécifique à la Rochelle mais non l’agriculture, qui devrait être pourtant un des sujets prioritaires étant donné son importance mondiale, écologique (c’est un des deux secteurs causant le plus de dégâts sur l’environnement), économique (elle pourrait notamment permettre de découpler croissance de l’emploi et croissance du PIB) et sociale (une alimentation saine est un droit qui doit être reconnu à tous).

 

La contribution du PS «Pour une révolution agricole et alimentaire» () se place dans une perspective de «dix à vingt ans». Malheureusement il n’y a rien de révolutionnaire dans ce texte, que la FNSEA, à quelques détails près, pourrait signer. Il aborde la question d'une façon traditionnelle qui tient compte ni des bouleversements qu’impliquent le réchauffement climatique, ni de la raréfaction et du prix croissant des énergies fossiles, ni de l’effondrement dela biodiversité.

 

On ne peut qu’être d’accord avec quelques propositions comme la relocalisation, les circuits courts… mais cela ne saurait suffire, d’autant que rien de concret n’est indiqué pour que ces objectifs se réalisent. En fait l’essentiel du texte porte sur la commercialisation, alors que c’est la façon de produire et le type de production qu’il faut avant tout «révolutionner», ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas revoir également les circuits de distribution.

 

Selon Achim Steiner, Secrétaire Général Adjoint de l'ONU (PNUE)…les deux grands domaines qui ont un impact disproportionné sur la vie des individus et sur les écosystèmes de la planète, sont l'énergie sous forme de combustibles fossiles et l'agriculture, en particulier l'élevage de bétail pour la viande et pour les produits laitiers   

 

Or toute notre agriculture repose sur l’utilisation des combustibles fossiles. Nous «mangeons» du pétrole et c’est de cette agriculture là qu’il est urgent de sortir. «L'agriculture moderne n'est pas durable. Elle abîme la terre, en drainant les ressources en eau et polluant l'environnement. Et ceci requiert de plus en plus de pétrole fossile pour pomper l'eau pour irriguer, pour remplacer les nutriments, pour protéger des parasites, pour compenser l'environnement et simplement maintenir le niveau de production constant. Pourtant cette entrée nécessaire de combustible fossile va devoir affronter la diminution de la production de combustible fossile» (Dale Allen Pfeiffer)

 

Or même si les réserves mondiales de pétrole sont encore quelque peu conséquentes, cela ne signifie en rien, bien au contraire, qu’il restera bon marché et plus la «reprise» sera   forte, plus la demande sera importante et plus son prix s’élèvera, son extraction étant de plus en plus couteuse écologiquement et économiquement.

 

 

La politique agricole doit avoir comme objectifs de limiter l’émission de gaz à effet de serre, préserver la biodiversité, respecter l’autonomie alimentaire de toutes les régions du monde, relocaliser la production agricole, permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail sans aide ni subvention, favoriser une agriculture "peuplante".

 

1) Supprimer progressivement toutes les aides directes et indirectes (en premier les aides à l’exportation). Leur substituer au travers d’un système de points souple et progressif, la REMUNERATION du maintien de la biodiversité (variété des semences, des races animales…), de la préservation des écosystèmes (qualité de l’eau et des sols, agroforesterie…) et de la production/entretien de paysages (implantation de haies, diversité des cultures…). Ces biens liés à l’agriculture profitent à tous (meilleure alimentation, diminution des pesticides et donc de la pollution, paysages moins monotones…), il est donc normal que la société les rémunèrent, alors qu’actuellement seuls les agriculteurs respectueux de l’environnement en supportent la charge. C’est à cette distorsion qu’il faut remédier. Il s’agirait bien de rémunérer un travail supplémentaire, rémunération qui serait calculée à partir de critères objectifs (agriculture bio, prairies permanentes, maintien des bêtes dans les champs, élevage de races animales locales…).

 

2) Modifier nos échanges commerciaux agricoles et alimentaires. Il faut taxer les importations et les exportations qui nuisent aux petits paysans des pays sources, voire les contraignent à migrer vers les villes: cultures de rentes qui entraînent la déforestation, entrent en concurrence avec les cultures vivrières, mais aussi toutes les exportations subventionnées (directement ou indirectement) qui ruinent l’agriculture locale… Ce qui implique soit de sortir l’agriculture de l’OMC, soit de lui appliquer un régime spécifique autorisant la fermeture des marchés lorsque ceux-ci mettent en péril l‘autonomie alimentaire d‘un pays. Notre agriculture n’a pas vocation à nourrir le monde en accordant des subventions contre lesquelles les paysans du sud ne peuvent se défendre. son rôle premier est de contribuer à l’autonomie alimentaire de l’Europe, tout en respectant celle de toutes les régions du monde.

 

3) Remettre en question nos habitudes alimentaires.-Il est urgent de limiter drastiquement notre consommation de viande et de produits d‘origine animale, dont la production de masse (élevages hors-sol, notamment) entraîne famines, réchauffement climatique, déforestation, pollution des eaux, effondrement des stocks de poisson, élevage et mise à mort dans des conditions atroces de millions d’animaux. Toujours selon Achim Steiner, il est urgent de changer de régime alimentaire dans le monde entier et de le baser sur autre chose que les produits d'origine animale.

 

4) Devenir «locavores» en favorisant les circuits courts entre producteurs et consommateurs, non par la fermeture des frontières mais par un système de taxes sur les transports et sur les importations de viande, de fruits et de légumes qui sont produits au détriment des cultures vivrières dans les pays sources et/ou supposent une consommation importante d’énergie non renouvelable, de pesticides, d’engrais... Relocalisation et circuit court qui réduiraient d’autant les émissions de gaz à effets de serre en raison de la diminution des transports, et des emballages

 

5) Favoriser l‘installation de jeunes agriculteurs (trices) en leur donnant accès au foncier, notamment par un système de réserves foncières, obligatoire et contraignant, pour les élus, proche des villes pour du maraichage.

 

C’est donc bien une «révolution» qu‘il est urgent de faire, et celle-ci suppose une rupture complète avec le modèle agricole qui prévaut depuis plus de cinquante ans et non de simples aménagements. Certes elle ne saurait se réaliser du jour au lendemain. Bouleversement de notre alimentation et transformation de notre agriculture prendront du temps. Mais si l’on ne s’y engage pas dès aujourd’hui ces bouleversements nous seront imposés demain par le seul coût croissant de l’énergie.

Chantal de Crisenoy

Grenelle 2: De quels reculs parlons nous ?

Le Parti socialiste avait voté la loi Grenelle 1 parce qu'il y avait une ambition, une méthode mais aujourd'hui, dans la loi Grenelle 2, c'est le renoncement. De quels reculs parlons nous ?.../...
La taxe carbone que nous avions proposée sous forme de contribution est reportée sans date de rappel alors qu’elle donnait un signal fort pour que les activités et produits peu consommatrices de carbone soient valorisées : agriculture locale, relocalisation des entreprises, etc. et pénalité pour les autres. L’étiquetage contribue à une prise de conscience mais le prix d’un produit est le signal « qui compte ». La responsabilité des entreprises en matière d’environnement n’est pas renforcée - encore des friches à venir, et ce bien que la prévention des risques ait été améliorée!
L’agriculture bio ( encore émergente en France), sera soumise à la concurrence de l’agriculture à « valeur environnementale », nouveau faux nez de l’industrie agro alimentaire et des pesticides. Alors que les énergies renouvelables doivent atteindre 23% en 2020, il est imposé de nouvelles normes à l’énergie éolienne reconnue comme très porteuse en Allemagne : 40 000 emplois , 20 000 en Espagne - contre 7000 en France. Le transport poids lourds est encore encouragé avec la possibilité d’utiliser des camions de 44 tonnes, ce qui n’est pas cohérent avec le développement du train . La prévention des déchets est encore une fois plus de la responsabilité de la collectivité – qui bénéficie certes d’aides – plutôt que de celle du producteur ou du distributeur qui auraient pu être contraints d’éviter emballages inutiles et produits nuisants. Là encore absence de recherche d’un progrès !.Les avancées positives sont dans le domaine des économies d’énergie dans les logements neufs mais aussi en rénovation, avec un plan pluriannuel pour les logements sociaux .
Il est clair que le scepticisme ambiant est provoqué par la soumission du pouvoir aux lobbies qui ont clairement repris des forces depuis les premières rencontres de Grenelle et la politique girouette que le
gouvernement impose dans ce domaine n’est pas encourageant pour le « Grenelle 3 » proposé par C. Jouanno, Secrétaire d’Etat de JL Borloo.

Anne Gellé
 

Pourquoi je rejoins le Pôle écologique du PS

Ces derniers mois, je me suis posé la question de rejoindre le Pôle écologique du PS, réseau social ouvert.
Face aux urgences écologiques, économiques et sociales, les problématiques d’appareils politiques ne sont plus en phase avec celles des citoyens; c'est d'ailleurs la principale raison qui m'a fait quitter les Verts du Languedoc Roussillon. <!--break-->
La forte abstention aux Régionales, et le résultat des 1er et 2ième tours en Languedoc Roussillon me conforte dans cette appréciation.
Je fais partie des écologistes qui réfutent chez nous l'équation, écologie = culture d'opposition, car la dimension écologiste est indissociable des fondamentaux du projet à construire pour 2012.
C'est pourquoi j'ai décidé de rejoindre le réseau du Pôle écologique du PS, afin d'être en capacité d'affirmer et de soutenir les projets qui portent l'écologie, sociale et solidaire.

Cordialement,
Philippe Saintlos (ancien porte parole départemental les Verts Pyrénées Orientales)
http://philippesaintlos.blogspot.com/
le blog politique de Philippe Saintlos

Aller vers un revenu maximal admissible pour favoriser les projets utiles et durables: un dispositif possible

      
Ce texte est issu d'un groupe de travail du pôle écologique ayant travaillé sur ce sujet. Il s'agit d'un dispositif possible pour le Revenu Maximal Admissible, afin de contribuer au débat.../...

La gauche commence à définir son projet politique pour 2012. Cette étape est essentielle car elle ne pourra battre la droite sur le seul rejet de Sarkozy, mais sur la base de propositions concrètes, réalisables et alternatives. Il ne suffit pas de prévoir, à juste titre, la remise en cause des nombreuses mauvaises décisions qui ont été prises depuis trois ans, il faut trouver le chemin, par des idées nouvelles, d'une alternative renouvelée à la politique actuelle.
      En cette période de crise, l’accroissement considérable des écarts de revenus constaté depuis quelques temps devient un sujet majeur. Le phénomène le plus marquant est l’arrêt, depuis vingt ans, du mouvement séculaire de réduction des inégalités. Les très hauts revenus augmentent de façon spectaculaire : selon l’Insee, l’accroissement de ceux des très aisés1 a atteint 39% entre 2004 et 2007, contre 9% seulement pour les autres catégories de la population. Cette évolution vient recréer une nouvelle aristocratie de l’argent, une véritable « ploutocratie », qui, par derrière, joue un rôle majeur dans les décisions publiques.
      Elle est d’autant plus choquante qu’elle ne correspond pas toujours, loin s’en faut, à une prise de risque ou un talent particulier, mais qu’elle est le plus souvent le résultat de phénomènes de rentes ou de pratiques abusives sur les marchés financiers.
      Cette situation pose un triple problème social, écologique et républicain : elle ne favorise elle génère un sentiment majeur d’injustice dans la population ; elle entretient une élite financière hyper consommatrice autorisée à gaspiller de manière outrancière les ressources de la planète ; elle met gravement en cause le modèle républicain, dont une des composantes fondatrices est la recherche de l’égalité.
      Pour les classes moyennes, elle représente une véritable double peine, la menace de déclassement s’accompagnant, sous ses yeux, de l’existence d’une surconsommation ostentatoire qui mine la légitimité d’un discours écologique de modération. Pour les catégories populaires, elle accentue ce sentiment de ne pas appartenir au même pays ou même monde, ce qui joue un rôle majeur dans la crise démocratique.
      Contrairement à ce que suppose la pensée libérale, elle est enfin loin de garantir que la richesse ainsi gagnée sera utile à l’économie et à l’intérêt général.
      Pour y faire face, plusieurs propositions sont indispensables, mais insuffisantes, car défensives (comme la suppression du boucler fiscal), à finalité strictement budgétaire (comme la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu) ou concernant les seuls salaires (comme l’encadrement des écarts de rémunération dans une entreprise). Nous devons avancer des idées nouvelles, qui caractérisent pleinement le sens de la politique que nous voulons mener.
      C'est pourquoi nous proposons une réforme de fond, à triple dimension sociale, écologique et républicaine. L’objectif est d’aller vers la création d'un revenu maximal admissible permettant de mieux encourager les projets utiles et durables.
      Au-delà d'un certain seuil, fixé de manière relativement élevée, par exemple entre 200 000 à 250 000 € de revenu par personne et par an, et qui peut être différentiée selon sa nature (travail ou rente), le surplus devrait être obligatoirement investi dans des projets productifs respectant les principes du développement durable (industries propres, bâtiment locatif à basse consommation, création d'entreprises, recherche et développement,...). À défaut, la personne se verrait appliquer, au-delà de ce seuil, un taux d’impôt sur le revenu très majoré, y compris par rapport à celui d’une éventuelle nouvelle tranche supérieure du barème d’imposition.
      Cette mesure constituerait un vrai changement, sur deux plans:
      - pour la première fois, il serait reconnu que gagner beaucoup d'argent n’est certes pas illégitime en soi, mais qu’au-delà d’un seuil (élevé), ce revenu doit être utilisé pour des activités utiles à la société. Il ne s'agirait donc pas de prélever des impôts supplémentaires ou de décourager le travail ou la prise de risque, puisque l’arme fiscale ne serait utilisée que de manière dissuasive, en dernier recours, mais de faire en sorte que la richesse de quelques-uns soit utilisée au mieux ;
      - la gauche montrerait qu’il est possible de concilier simultanément la justice sociale, l’efficacité économique et la révolution écologique. Le risque de « délocalisation fiscale » serait fortement réduit par le fait que ces revenus ne sont pas « confisqués » ni même stérilisés, mais simplement orientés obligatoirement vers des investissements à la fois utiles et rémunérateurs.
      
1 L’Insee nomme « très aisés » les ménages appartenant au millième de la population ayant les revenus les plus élevés, soit environ 60 000 personnes ayant un revenu par unité de consommation supérieur à environ 225 000 €.

Quand l'énergie renouvelable devient un danger pour l'environnement

 L'énergie renouvelable, c'est bien, c'est bio.

Mais comme il est facile de retomber dans les vieux travers et transformer une bonne initiative en fiasco écologique...

Pour preuve : le projet Transgreen. Transgreen est une initiative de Sarkozy (…) pour transporter l'énergie renouvelable produite en grande quantité. On prend une usine solaire marocaine, et on construit une ligne THT pour l'apporter en France. Les lignes envisagées sont transméditerranéennes : Maroc/Espagne, Algérie/Espagne, Tunisie et Libye/Sicile.

Autrement dit, on produit au sud (la main d'oeuvre coûte moins cher) et on consomme au nord.

Ce projet se veut écologique, il est économiquement, socialement et écologiquement néfaste.

Economiquement et socialement, d'abord. Les pays producteurs sont en pleine phase de développement humain et économique ; ils consomment de plus en plus d'électricité et risquent parfois la pénurie, avec des réseaux vétustes et des modes de production polluant. Au moment où on leur donne l'opportunité d'ajuster la production à la consommation, en outre avec des énergies propres, on leur retire immédiatement cette possibilité en renvoyant cette énergie vers les pays du Nord de la Méditerranée. Et dans le même temps nos frontières se ferment de plus en plus. L'électricité solaire oui, les travailleurs immigrés, non. Double erreur.

Ecologiquement ensuite. La construction de ces lignes, comme toute construction de ligne THT, génère des nuisances environnementales. En mer, puis à terre, au nord comme au sud.

Pourtant nombreuses sont les entreprises attirées par le projet, qui bénéficie du soutien de Sarkozy et de plusieurs industriels européens. Dans le même temps, la France essaime des centrales nucléaires dans les pays sud-méditerranéens (Libye, Jordanie…).

Le plan solaire de l'Union pour la Méditerranée serait une bonne idée s'il profitait d'abord aux populations des pays producteurs. Cela risque de ne pas être le cas. Et de toute façon, ce plan ne règle pas la question des lignes hautes tensions à créer dans des environnements souvent déjà dégradés, car la préoccupation environnementale n'est pas prioritaire dans les pays concernés.

Un dernier point : l'Espagne dispose d'excédents d'énergies renouvelables. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi un pays dont les ressources énergétiques ne sont pas à 100% renouvelables considère qu'il a des excédents d'énergies renouvelables ?

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