Le débat énergétique et nucléaire
Contribution d'Alain GUENON, Section du PS de St Ciers-sur-Gironde
Préambule : Le Pôle écologique du Parti Socialiste a engagé une vaste concertation sur les choix à opérer concernant les énergies de demain. Bien entendu, on peut interpréter différemment le message affiché en titre.
- Une éolienne de 2 MW fonctionnant à pleine puissance pendant 1/4 de l’année produit 4 à 5 millions de kWh, soit l’électricité domestique consommée par 4 000 personnes en moyenne (hors chauffage) [3]. Une éolienne 5MW offshore produit plus de 15 GWh par an, soit de quoi alimenter 10000 voitures électriques standards (type Renault Mégane 100 % électrique) qui parcourent chacune 10000km par an.
- Un aérogénérateur : de quelques kW jusqu'à 6 MW (en 2006) ; la plupart des grandes éoliennes installées aujourd'hui en France ont une puissance de 1 à 3 MW. En général, elles sont rassemblées en fermes éoliennes de 6 à 210 MW[4].
- Une centrale thermique à flamme : 120 à 720 MW (en France[5] en 2006)
- Une centrale solaire photovoltaïque : de quelques centaines de watts à 20 MW (record 20 MW : centrale solaire de Beneixama en Espagne) en 2006.
- Une centrale solaire thermodynamique : de 2 à 350 MW (record : 354 MW avec la centrale de Luz Solar Energy dans le désert de Mojave en Californie, États-Unis)
- Une centrale hydro-électrique : de quelques kW à 3 000 MW (record : 32 turbines de 700 MW soit 22 400 MW au Barrage des Trois-Gorges en Chine) en 2006.
- un réacteur nucléaire : de l'ordre de 900 à 1 300 MW en général (record : 1 550 MW à la centrale nucléaire de Civaux au sud de Poitiers) en 2006.
est de 259 Mtep.
Si entre 1973 et 2008, elle a été multipliée par 3, on constate un léger infléchissement en 2009.
|
|
Consommation d'énergie (kg de pétrole par habitant - équivalence)
France |
|
Année |
Consommation pétrolière
|
Rang
|
Changement
|
Date de l'information
|
|
2003
|
2 026 000
|
9
|
|
2001 est.
|
|
2004
|
2 026 000
|
9
|
0,00 %
|
2001 est.
|
|
2005
|
2 026 000
|
10
|
0,00 %
|
2001 est.
|
|
2006
|
2 060 000
|
9
|
1,68 %
|
2003 est.
|
|
2007
|
1 970 000
|
10
|
-4,37 %
|
2005 est.
|
|
2008
|
1 950 000
|
12
|
-1,02 %
|
2007 est.
|
|
2009
|
1 950 000
|
11
|
0,00 %
|
2007
|
|
2010
|
1 875 000
|
12
|
-3,85 %
|
2009 est.
|
|
2011
|
1 875 000
|
12
|
0,00 %
|
2009 est.
|
|
Consommation de produits pétroliers
|
|||
|
en millions de tonnes
|
|||
|
e : donnée estimée.
|
|||
|
r : données révisées.
|
|||
|
Champ : marché intérieur, France.
|
|||
|
Source : comité professionnel du pétrole (CPDP).
|
|||
|
|
2008 (r)
|
2009
|
2009/08 (en %)
|
|
Gazole
|
32,8
|
32,9
|
0,2
|
|
Fioul domestique
|
14,2
|
13,6
|
-4,0
|
|
Carburants pour automobile
|
9,1
|
8,8
|
-3,8
|
|
dont super sans plomb 95
|
7,3
|
6,5
|
-10,7
|
|
Bases pétrochimie
|
9,5
|
(e) 8,7
|
-9,1
|
|
Fiouls lourds
|
2,8
|
2,6
|
-7,3
|
|
Carburéacteurs
|
6,6
|
6,1
|
-7,6
|
|
Gaz (GPL)
|
2,5
|
2,3
|
-6,7
|
|
Autres produits
|
6,0
|
6,0
|
-0,8
|
|
Total
|
83,5
|
(e) 80,9
|
-3,2
|
Il existe deux filières de production de biocarburants : la filière de l’éthanol et la filière des esters : • Incorporé dans les supercarburants, le bioéthanol • Mélangés à du gazole, les esters méthyliques d’huile végétale
A-t-on réellement favorisé les moyens de production autres que le nucléaire ou ce dernier n’occupe-t-il pas une place qui le rend incontournable voire intouchable ?
(2) Les devoirs des individus et des pouvoirs publics envers la préservation de l’environnement
(3) La responsabilité écologique
(4) Le principe de précaution
Quelle part pour le nucléaire dans le mix énergétique ? Développement raisonné d’une position de diminution progressive
Décider de sortir du nucléaire,c’est montrer le cap d’une civilisation adaptée aux défis de notre siècle
La fée électricité : pour quelle utilisation ?
|
Puissance installée. GW
2010
|
Production electricité.TWh
2010
|
Type d’énergie
|
|
63,1
|
407,9
|
Nucléaire
|
|
7,9
|
19,1
|
Charbon
|
|
10,4
|
7,9
|
Fuel
|
|
9
|
30
|
Gaz
|
|
25,4
|
68
|
Hydraulique
|
|
5,6
|
9,6
|
Eolien
|
|
0,8
|
0,6
|
Photovoltaïque
|
|
1,2
|
4,8
|
Autres énergies renouvelables
|
|
123,4 GW
|
547,9 TWh
|
TOTAL
|
|
Consommation finale d’électricité. TWh
|
1973
|
2007
|
|
Sidérurgie
|
12
|
12
|
|
Industrie (hors sidérurgie)
|
72
|
123
|
|
Résidentiel, Tertiaire
|
59
|
286
|
|
Agriculture
|
1
|
3
|
|
Transports urbains, ferroviaires
|
6
|
12
|
|
TOTAL
|
150 TWh
|
434 TWh
|
Coût de l'énergie photovoltaïque et choix gouvernementaux
Le gouvernement a décidé de diminuer de moitié le crédit d’impôt accordé sur les installations photovoltaïques des particuliers. Ce dernier avait néanmoins permis un accroissement des investissements dans le photovoltaïque.
A l’origine de cette décision, un rapport récent de l’Inspection Générale des Finances, selon lequel le photovoltaïque représente un « risque financier majeur » :
- coût élevé de la production (200 euros par MWh, contre 70 pour l’éolien terrestre et 60 pour l’hydroélectricité
- niches fiscales
- crédit d’impôt développement durable : 350 Meuros en 2009
- défiscalisation de 75% de l’impôt sur la fortune en cas d’investissement dans les PME dont l’activité porte sur des produits liés à un mécanisme d’obligation d’achat
- développement insuffisant de la filière en France pour la production d’équipement, qui conduit à aggraver le déficit de la balance commerciale de 800 millions d’euros en 2009 (soit 2% du déficit commercial)
- coût du rachat par EDF payé par le consommateur, par le biais de la Contribution au service public de l’électricité.
Le rapport propose plusieurs pistes pour diminuer ces coûts
- positionner les entreprises françaises sur le secteur, au vu de son potentiel en France et dans le monde, notamment en aidant à la mise en réseau des PME du secteur
- prévoir un plan d’action global, avec des outils de régulation et une stratégie industrielle, en même temps qu’une baisse des tarifs
- supprimer le bénéfice du crédit d’impôt et sortir la filière photovoltaïque du dispositif ISF-PME, en tenant compte des projets mise en place depuis 2009 pour pouvoir ajuster la baisse des tarifs
- revoir les objectifs quantitatifs en fonction des objectifs globaux en matière d’énergies renouvelables à l’horizon 2020, en tenant compte des progrès techniques de ces prochaines années qui diminueront le coût de production
- privilégier les appels d’offre pour la construction des centrales au sol, afin d’aboutir à une programmation pluriannuelle, adaptée aux besoins
- promouvoir le secteur R&D dans le secteur photovoltaïque pour les filières de 2ème et 3ème générations.
Ces propositions ne posent pas la question centrale (et première) sur l’insertion de la production photovoltaïque dans le réseau énergétique national : s’agit-il d’une production à visée locale ou nationale ? le particulier qui produit de l’électricité doit-il produire pour lui et vendre son surplus, ou pour constituer un maillon de production de la chaîne énergétique de façon à réduire la centralisation de cette production ?
Elles constituent néanmoins une réponse globale aux problèmes de coûts posés par le photovoltaïque, en intégrant les aspects sociaux (coût élevé de cette énergie pour le consommateur à travers la CSPE) et économiques (absence de filière française, ce qui a également des conséquences en terme d’emplois).
On ne peut donc que déplorer le choix fait par le gouvernement à la réception de ce rapport : au lieux d’annoncer une stratégie globale sur le photovoltaïque permettant à moyen terme un redressement de la balance commerciale dans le secteur, une augmentation des crédits recherches ou même une orientation d’OSEO vers une mise en réseau des PME du secteur (ce qui ne coûterait pas bien cher), la seule proposition retenue a été la baisse des tarifs et la remise en cause du crédit d’impôt développement durable.
Du point de vue budgétaire, le rapport de l’IGF avançait pourtant deux pistes conjointes : l’annulation du crédit d’impôt ET la fin du dispositif ISF-PME pour la filière.
Or le gouvernement a choisi de ne pas remettre en cause ce dispositif. Il est vrai que le rapport ne donne pas de chiffre sur le coût de ce dispositif. Mais celui qui est donné pour le crédit d’impôt implique une baisse des dépenses de l’Etat de… 175 millions d’euros. C’est déjà ça de gagné, mais ce n’est franchement pas grand-chose. Le dispositif ISF-PME, lui, permet un retour sur investissement de 35%. Mais, évidemment, le remettre en cause risquerait de froisser l’électorat potentiel de M. Sarkozy.
Tandis qu’afficher clairement la fin du crédit d’impôt développement durable, c’est tellement dans l’air du temps gouvernemental…
Pour une vraie révolution agricole et alimentaire
Chantal de Crisenoy
Grenelle 2: De quels reculs parlons nous ?
Le Parti socialiste avait voté la loi Grenelle 1 parce qu'il y avait une ambition, une méthode mais aujourd'hui, dans la loi Grenelle 2, c'est le renoncement. De quels reculs parlons nous ?.../...
La taxe carbone que nous avions proposée sous forme de contribution est reportée sans date de rappel alors qu’elle donnait un signal fort pour que les activités et produits peu consommatrices de carbone soient valorisées : agriculture locale, relocalisation des entreprises, etc. et pénalité pour les autres. L’étiquetage contribue à une prise de conscience mais le prix d’un produit est le signal « qui compte ». La responsabilité des entreprises en matière d’environnement n’est pas renforcée - encore des friches à venir, et ce bien que la prévention des risques ait été améliorée!
L’agriculture bio ( encore émergente en France), sera soumise à la concurrence de l’agriculture à « valeur environnementale », nouveau faux nez de l’industrie agro alimentaire et des pesticides. Alors que les énergies renouvelables doivent atteindre 23% en 2020, il est imposé de nouvelles normes à l’énergie éolienne reconnue comme très porteuse en Allemagne : 40 000 emplois , 20 000 en Espagne - contre 7000 en France. Le transport poids lourds est encore encouragé avec la possibilité d’utiliser des camions de 44 tonnes, ce qui n’est pas cohérent avec le développement du train . La prévention des déchets est encore une fois plus de la responsabilité de la collectivité – qui bénéficie certes d’aides – plutôt que de celle du producteur ou du distributeur qui auraient pu être contraints d’éviter emballages inutiles et produits nuisants. Là encore absence de recherche d’un progrès !.Les avancées positives sont dans le domaine des économies d’énergie dans les logements neufs mais aussi en rénovation, avec un plan pluriannuel pour les logements sociaux .
Il est clair que le scepticisme ambiant est provoqué par la soumission du pouvoir aux lobbies qui ont clairement repris des forces depuis les premières rencontres de Grenelle et la politique girouette que le
gouvernement impose dans ce domaine n’est pas encourageant pour le « Grenelle 3 » proposé par C. Jouanno, Secrétaire d’Etat de JL Borloo.
Anne Gellé
Pourquoi je rejoins le Pôle écologique du PS
Ces derniers mois, je me suis posé la question de rejoindre le Pôle écologique du PS, réseau social ouvert.
Face aux urgences écologiques, économiques et sociales, les problématiques d’appareils politiques ne sont plus en phase avec celles des citoyens; c'est d'ailleurs la principale raison qui m'a fait quitter les Verts du Languedoc Roussillon. <!--break-->
La forte abstention aux Régionales, et le résultat des 1er et 2ième tours en Languedoc Roussillon me conforte dans cette appréciation.
Je fais partie des écologistes qui réfutent chez nous l'équation, écologie = culture d'opposition, car la dimension écologiste est indissociable des fondamentaux du projet à construire pour 2012.
C'est pourquoi j'ai décidé de rejoindre le réseau du Pôle écologique du PS, afin d'être en capacité d'affirmer et de soutenir les projets qui portent l'écologie, sociale et solidaire.
Cordialement,
Philippe Saintlos (ancien porte parole départemental les Verts Pyrénées Orientales)
http://philippesaintlos.blogspot.com/
le blog politique de Philippe Saintlos
Aller vers un revenu maximal admissible pour favoriser les projets utiles et durables: un dispositif possible
Ce texte est issu d'un groupe de travail du pôle écologique ayant travaillé sur ce sujet. Il s'agit d'un dispositif possible pour le Revenu Maximal Admissible, afin de contribuer au débat.../...
La gauche commence à définir son projet politique pour 2012. Cette étape est essentielle car elle ne pourra battre la droite sur le seul rejet de Sarkozy, mais sur la base de propositions concrètes, réalisables et alternatives. Il ne suffit pas de prévoir, à juste titre, la remise en cause des nombreuses mauvaises décisions qui ont été prises depuis trois ans, il faut trouver le chemin, par des idées nouvelles, d'une alternative renouvelée à la politique actuelle.
En cette période de crise, l’accroissement considérable des écarts de revenus constaté depuis quelques temps devient un sujet majeur. Le phénomène le plus marquant est l’arrêt, depuis vingt ans, du mouvement séculaire de réduction des inégalités. Les très hauts revenus augmentent de façon spectaculaire : selon l’Insee, l’accroissement de ceux des très aisés1 a atteint 39% entre 2004 et 2007, contre 9% seulement pour les autres catégories de la population. Cette évolution vient recréer une nouvelle aristocratie de l’argent, une véritable « ploutocratie », qui, par derrière, joue un rôle majeur dans les décisions publiques.
Elle est d’autant plus choquante qu’elle ne correspond pas toujours, loin s’en faut, à une prise de risque ou un talent particulier, mais qu’elle est le plus souvent le résultat de phénomènes de rentes ou de pratiques abusives sur les marchés financiers.
Cette situation pose un triple problème social, écologique et républicain : elle ne favorise elle génère un sentiment majeur d’injustice dans la population ; elle entretient une élite financière hyper consommatrice autorisée à gaspiller de manière outrancière les ressources de la planète ; elle met gravement en cause le modèle républicain, dont une des composantes fondatrices est la recherche de l’égalité.
Pour les classes moyennes, elle représente une véritable double peine, la menace de déclassement s’accompagnant, sous ses yeux, de l’existence d’une surconsommation ostentatoire qui mine la légitimité d’un discours écologique de modération. Pour les catégories populaires, elle accentue ce sentiment de ne pas appartenir au même pays ou même monde, ce qui joue un rôle majeur dans la crise démocratique.
Contrairement à ce que suppose la pensée libérale, elle est enfin loin de garantir que la richesse ainsi gagnée sera utile à l’économie et à l’intérêt général.
Pour y faire face, plusieurs propositions sont indispensables, mais insuffisantes, car défensives (comme la suppression du boucler fiscal), à finalité strictement budgétaire (comme la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu) ou concernant les seuls salaires (comme l’encadrement des écarts de rémunération dans une entreprise). Nous devons avancer des idées nouvelles, qui caractérisent pleinement le sens de la politique que nous voulons mener.
C'est pourquoi nous proposons une réforme de fond, à triple dimension sociale, écologique et républicaine. L’objectif est d’aller vers la création d'un revenu maximal admissible permettant de mieux encourager les projets utiles et durables.
Au-delà d'un certain seuil, fixé de manière relativement élevée, par exemple entre 200 000 à 250 000 € de revenu par personne et par an, et qui peut être différentiée selon sa nature (travail ou rente), le surplus devrait être obligatoirement investi dans des projets productifs respectant les principes du développement durable (industries propres, bâtiment locatif à basse consommation, création d'entreprises, recherche et développement,...). À défaut, la personne se verrait appliquer, au-delà de ce seuil, un taux d’impôt sur le revenu très majoré, y compris par rapport à celui d’une éventuelle nouvelle tranche supérieure du barème d’imposition.
Cette mesure constituerait un vrai changement, sur deux plans:
- pour la première fois, il serait reconnu que gagner beaucoup d'argent n’est certes pas illégitime en soi, mais qu’au-delà d’un seuil (élevé), ce revenu doit être utilisé pour des activités utiles à la société. Il ne s'agirait donc pas de prélever des impôts supplémentaires ou de décourager le travail ou la prise de risque, puisque l’arme fiscale ne serait utilisée que de manière dissuasive, en dernier recours, mais de faire en sorte que la richesse de quelques-uns soit utilisée au mieux ;
- la gauche montrerait qu’il est possible de concilier simultanément la justice sociale, l’efficacité économique et la révolution écologique. Le risque de « délocalisation fiscale » serait fortement réduit par le fait que ces revenus ne sont pas « confisqués » ni même stérilisés, mais simplement orientés obligatoirement vers des investissements à la fois utiles et rémunérateurs.
1 L’Insee nomme « très aisés » les ménages appartenant au millième de la population ayant les revenus les plus élevés, soit environ 60 000 personnes ayant un revenu par unité de consommation supérieur à environ 225 000 €.
Quand l'énergie renouvelable devient un danger pour l'environnement
L'énergie renouvelable, c'est bien, c'est bio.
Mais comme il est facile de retomber dans les vieux travers et transformer une bonne initiative en fiasco écologique...
Pour preuve : le projet Transgreen. Transgreen est une initiative de Sarkozy (…) pour transporter l'énergie renouvelable produite en grande quantité. On prend une usine solaire marocaine, et on construit une ligne THT pour l'apporter en France. Les lignes envisagées sont transméditerranéennes : Maroc/Espagne, Algérie/Espagne, Tunisie et Libye/Sicile.
Autrement dit, on produit au sud (la main d'oeuvre coûte moins cher) et on consomme au nord.
Ce projet se veut écologique, il est économiquement, socialement et écologiquement néfaste.
Economiquement et socialement, d'abord. Les pays producteurs sont en pleine phase de développement humain et économique ; ils consomment de plus en plus d'électricité et risquent parfois la pénurie, avec des réseaux vétustes et des modes de production polluant. Au moment où on leur donne l'opportunité d'ajuster la production à la consommation, en outre avec des énergies propres, on leur retire immédiatement cette possibilité en renvoyant cette énergie vers les pays du Nord de la Méditerranée. Et dans le même temps nos frontières se ferment de plus en plus. L'électricité solaire oui, les travailleurs immigrés, non. Double erreur.
Ecologiquement ensuite. La construction de ces lignes, comme toute construction de ligne THT, génère des nuisances environnementales. En mer, puis à terre, au nord comme au sud.
Pourtant nombreuses sont les entreprises attirées par le projet, qui bénéficie du soutien de Sarkozy et de plusieurs industriels européens. Dans le même temps, la France essaime des centrales nucléaires dans les pays sud-méditerranéens (Libye, Jordanie…).
Le plan solaire de l'Union pour la Méditerranée serait une bonne idée s'il profitait d'abord aux populations des pays producteurs. Cela risque de ne pas être le cas. Et de toute façon, ce plan ne règle pas la question des lignes hautes tensions à créer dans des environnements souvent déjà dégradés, car la préoccupation environnementale n'est pas prioritaire dans les pays concernés.
Un dernier point : l'Espagne dispose d'excédents d'énergies renouvelables. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi un pays dont les ressources énergétiques ne sont pas à 100% renouvelables considère qu'il a des excédents d'énergies renouvelables ?

